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L'alcool dans tous ses états
2019 - volume 74 (5-6)

 
Editorial. L’alcool, problème de santé publique : de la consommation hédonique à la déchéance physique et psychologique

Scheen A

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),237-240

Résumé non disponible

La consommation d’alcool : de l’épidémiologie à la prévention

Streel S , Silvestre A , Hoge A , Guillaume M , Donneau AF , Dupont H , Pétré B , Consortium de recherche Euprevent SNA

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),241-247

Résumé : Les données épidémiologiques de la consommation d’alcool les plus récentes montrent que les mesures préventives actuelles connaissent leurs limites. De façon inquiétante, la morbidité et la mortalité qui lui sont associées restent importantes dans le monde. Deux grands types d’approches préventives ciblant directement les affects des individus existent : l’approche négative basée sur la peur et la menace et l’approche dite par la norme sociale (SNA pour Social Norm Approach). Cette dernière approche originale et plus positive de la santé est utilisée depuis une trentaine d’années outre-Atlantique et montre une certaine efficacité. Elle vise à réduire la consommation d’une substance addictive par un individu en confrontant sa norme sociale (ce qu’il pense que les gens boivent, quantités généralement surestimées) à la norme réelle de consommation du groupe social de référence. Un projet transfrontalier évalue actuellement la faisabilité de ce genre d’approche dans l’Eurégio Meuse-Rhin.

La consommation d’alcool chez les jeunes : le «binge drinking»

Malchair A

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),248-252

Résumé : Le «binge drinking» est devenu une pratique courante chez les adolescents, donc un comportement banal en soirée. Il s’inscrit dans une évolution psychologique normale qui pousse le jeune à se confronter aux limites, aux interdits, aux autres pairs, et plus encore à soi-même. La dimension festive renforce, encore, cet attrait pour la transgression en groupe. Pourtant, les études neuroscientifiques sont unanimes pour montrer les effets négatifs du «binge drinking» sur un cerveau en pleine maturation, avec d’importantes altérations neurocognitives, et même neuro-anatomiques. Cela est illustré par des recherches, tant sur les humains que via des modèles animaux. Cet article a pour but de montrer la difficile articulation entre une pratique clinique ouverte au jeune et une nécessaire inquiétude face à ses comportements, dont il ignore généralement le danger.

La consommation d’alcool dans le milieu médical

Lenoir AL , Giet D

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),253-257

Résumé : La consommation problématique d’alcool chez les médecins est un enjeu important pour les systèmes de santé en raison des répercussions possibles sur les forces de travail et sur la qualité des soins donnés aux patients. L’objectif de cette revue narrative de la littérature est d’étudier la prévalence, les facteurs de risque, la détection et la prise en charge des consommations problématiques d’alcool chez les médecins et les étudiants en médecine. Le pourcentage de médecins ayant une consommation d’alcool à risque est supérieur à celui de la population générale. Les facteurs identifiés comme corrélés à un plus haut risque de consommation problématique d’alcool sont le genre masculin, l’âge, des composantes du burnout et des traits de personnalité comme le névrosisme, l’extraversion et l’alexithymie. La détection et la prise en charge des médecins avec une consommation problématique d’alcool semblent complexes en raison de l’absence d’organisme veillant au dépistage des consommations à risque et à certaines caractéristiques des médecins les incitant à négliger leur santé et à ne pas consulter un confrère. Il semble donc opportun de mettre en place des stratégies de prévention, visant les médecins et les étudiants en médecine, mais également de développer des structures de soutien aux médecins en difficultés.

Alcool et conduite automobile

Scheen AJ

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),258-264

Résumé : L’alcool au volant représente un danger reconnu et est responsable d’un nombre non négligeable d’accidents de la route conduisant à des décès prématurés ou des infirmités. Le présent article a pour but de présenter quelques données épidémiologiques concernant la conduite sous influence de l’alcool et les accidents qui y sont associés, de rappeler les normes d’alcoolémie acceptables d’un point de vue légal, d’analyser les effets aigus de l’alcool sur les fonctions cérébrales expliquant la diminution des performances et, enfin, d’envisager certaines circonstances susceptibles de réduire ou d’aggraver les effets de l’alcool sur les capacités de conduite automobile.

Le métabolisme de l’alcool

Paquot N

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),265-267

Résumé : L’éthanol est rapidement et quasiment totalement résorbé par le tube digestif, principalement au niveau de l’intestin grêle. L’alcool est ensuite métabolisé, essentiellement au niveau hépatique où il est transformé en acétaldéhyde. Deux systèmes contribuent à cette métabolisation, la voie de l’alcool déshydrogénase, prépondérante, et la voie contrôlée par le MEOS («Microsomial Ethanol Oxidizing System»), qui est inductible et qui est aussi impliquée dans la métabolisation d’autres drogues. L’acétaldéhyde est ensuite métabolisé en acétate qui quitte, en grande partie, le foie pour être transformé en acétyl-CoA dans d’autres tissus. L’alcool est oxydé préférentiellement aux autres substrats énergétiques, conduisant, en contrepartie, à une diminution de l’oxydation des lipides qui sont mis en réserve dans le tissu adipeux.

Les marqueurs biologiques de la consommation d’alcool

Denooz R , Deville M , Charlier C

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),268-273

Résumé : Reconnaître un sujet alcoolique est une requête fréquente, que ce soit dans un cadre médical ou médico-légal. Les besoins de connaître le statut alcoolique d’un individu sont multiples et variés. Parmi les plus fréquents, on peut citer : se prononcer sur l’origine d’une pathologie hépatique ou neurologique, inscrire et maintenir un candidat à une greffe hépatique sur une liste d’attente, identifier le travailleur alcoolique afin de prévenir les accidents de travail, ou encore apprécier le risque éventuel qu’un individu alcoolique représente, que ce soit derrière son volant ou dans le contexte d’une garde parentale. Les marqueurs biologiques spécifiques de la consommation d’alcool, combinés aux examens cliniques et psychologiques, constituent à ce jour les meilleurs outils pour identifier les individus à consommation problématique. L’utilisation de ces indicateurs fait également partie des mesures prônées pour l’accompagnement des sujets en cure de désintoxication. Distinguer le sujet abstinent, consommateur social (dit modéré) ou problématique peut, dès lors, s’avérer essentiel dans diverses situations. Les différents biomarqueurs disponibles à ce jour sont discutés dans cet article afin de permettre aux cliniciens une prescription adaptée aux investigations à mener.

Mécanismes neurobiologiques de l’alcoolo-dépendance

Pinto E

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),274-280

Résumé : L’alcoolo-dépendance est une maladie chronique et polyfactorielle, exposant à un risque élevé de rechute. Sous-tendue par des mécanismes neurobiologiques de mieux en mieux identifiés, elle est également influencée par des facteurs génétiques et des éléments environnementaux propres à chaque individu présentant cette pathologie.

Troubles liés à l’usage d’alcool : et si l’addiction trouvait son origine dans l’intestin ?

Leclercq S , Amadieu C , Stärkel P , de Timary P , Delzenne N

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),281-286

Résumé : L’addiction à l’alcool est une maladie complexe, impliquant à la fois des facteurs sociaux, psychologiques et biologiques. La prise en charge des patients alcoolo-dépendants est difficile car les médicaments actuels ont une efficacité limitée dans le maintien de l’abstinence, et le taux de rechute reste très élevé. Récemment, le microbiote intestinal, un écosystème constitué de milliards de micro-organismes vivant dans notre intestin, est devenu un acteur clé de la santé humaine. Il est connu pour réguler notre métabolisme, notre système immunitaire, mais également notre système nerveux, et donc notre comportement et notre humeur. Nos études récentes ont montré que la consommation abusive d’alcool entraîne des modifications importantes de la composition du microbiote intestinal. Nous avons également montré que ces altérations microbiennes étaient associées à la sévérité des symptômes de dépression, d’anxiété et d’appétence à l’alcool, suggérant ainsi l’existence d’un dialogue entre l’intestin et le cerveau. Ces résultats encouragent la recherche de nouvelles pistes thérapeutiques, ciblant le microbiote intestinal, dans le traitement de la dépendance à l’alcool.

Prise en charge du mésusage de l’alcool avec dépendance par le médecin généraliste

Dor B , Paquet E , Orban T , Dubois AF , Schmets A , Pitchot W

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),287-293

Résumé : La prise en charge clinique du mésusage d’alcool avec dépendance par le médecin généraliste est décrite dans cet article. Il s’agit, d’abord, de déstigmatiser ces patients et leur pathologie. La démarche diagnostique est précisée. L’approche thérapeutique est, d’abord, motivationnelle; elle prendra, ensuite, des allures pédagogiques : il s’agit de coping. Les soins sont physiques et psychologiques. L’empathie, tout au long de la relation thérapeutique, est fondamentale et les techniques pour créer l’alliance thérapeutique sont décrites. Savoir référer au psychologue, faire appel au réseau, collaborer avec le psychiatre, conseiller l’entraide sont des initiatives nécessaires. La formation des médecins généralistes connaît de nouvelles opportunités : notamment, grâce à un certificat interuniversitaire d’alcoologie mis sur pied à la rentrée académique 2016-2017 à l’initiative de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) et de trois universités francophones (UCL, ULB et ULiège). On peut espérer que ces nouvelles pratiques cliniques, valorisantes pour le médecin généraliste, contribueront à réduire le «?treatment gap?» dans la prise en charge du mésusage d’alcool avec dépendance, un véritable défi de santé publique.

L’alcoolo-dépendance : une prise en charge efficace est réellement possible

Pinto E

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),294-299

Résumé : L’alcoolo-dépendance est une maladie chronique et polyfactorielle, exposant à un risque élevé de rechute. Des outils thérapeutiques, psychothérapeutiques et pharmacologiques efficaces permettent de proposer des accompagnements personnalisés et d’améliorer le pronostic d’une maladie encore trop fréquemment stigmatisante.

Complications psychiatriques liées à l’alcoolisme

Pitchot W , Dor B

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),300-303

Résumé : L’abus d’alcool peut être à l’origine de complications psychiatriques. Les symptômes psychiques peuvent apparaître lors des phases d’intoxication ou être présents chez des patients souffrant de troubles psychiatriques pré-existants ou induits par l’alcool. En outre, l’évaluation de la symptomatologie psychiatrique induite ou exacerbée par l’alcool est rendue particulièrement difficile par les réti-cences qu’ont les patients à accepter que la décompensation puisse être favorisée par la prise de substance. Les décompensations psychotiques, les troubles de l’humeur et les réactions anxieuses sont les manifestations psychopathologiques les plus fréquentes chez les sujets alcooliques.

Complications métaboliques et carences nutritionnelles liées à une consommation excessive d’alcool

De Flines J , Scheen AJ , Paquot N

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),304-309

Résumé : Cet article envisage les diverses perturbations métaboliques liées à la consommation chronique d’alcool, dont les troubles du métabolisme du glucose, des lipides et de l’acide urique, mais aussi les répercussions sur le statut nutritionnel. En effet, l’éthylisme chronique peut avoir différentes conséquences sur l’état nutritionnel du patient : le surpoids et l’obésité, d’une part, la dénutrition protéino-calorique, d’autre part. Nous examinerons également les carences en vitamines et en oligoéléments souvent observées chez les personnes éthyliques chroniques, carences susceptibles d’aggraver les complications somatiques rencontrées.

Conséquences neurologiques centrales et périphériques de l’alcoolisme

Fouarge E , Maquet P

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),310-313

Résumé : La consommation éthylique chronique provoque de multiples dysfonctions des tissus nerveux périphérique et central. Certaines sont dues à l’action directe de l’alcool ou de ses dérivés, d’autres sont induites par les carences vitaminiques qui accompagnent l’éthylisme, d’autres enfin sont liées à la défaillance d’autres organes vitaux, tels que le foie. Nous décrivons, dans cette courte revue, la neuropathie éthylique, le syndrome de Gayet-Wernicke, le syndrome de Korsakoff, la démence alcoolique, le syndrome de Marchiafava-Bignami, l’encéphalopathie hépatique, l’épilepsie alcoolique et les manifestations du sevrage éthylique.

L’alcool, facteur protecteur ou facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires ?

Scheen AJ

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),314-320

Résumé : L’alcool peut exercer des effets positifs comme des effets négatifs sur le système cardiovasculaire. Plusieurs facteurs peuvent influencer cette balance dont, principalement, la dose ingérée, mais aussi les modalités (type de breuvage, consommation régulière ou hectique, par exemple). De nombreuses études épidémiologiques plaident pour une courbe en J, avec un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires chez les abstinents que chez les consommateurs réguliers légers à modérés, mais un risque sensiblement accru chez les gros consommateurs, de façon dose-dépendante. Cet article a pour but de faire le point sur les relations complexes entre consommation d’alcool et risque coronarien et cérébrovasculaire, en ce compris la mortalité cardiovasculaire. Compte tenu des incertitudes, en l’absence d’essai contrôlé, et de la difficulté de ne pas dépasser le seuil potentiellement bénéfique, il n’est pas actuellement recommandé de boire de l’alcool dans un but de protection cardiovasculaire.

Effets cardiovasculaires indésirables de l’alcool

Nguyen Trung ML , Ancion A , Tridetti J , Lancellotti P

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),321-325

Résumé : La consommation d’alcool représente une problématique sérieuse en termes de santé publique puisqu’elle demeure une cause majeure de maladie et de décès prématuré. Les effets de l’alcool sur le système cardiovasculaire sont particulièrement complexes. Les données actuelles rapportent à la fois des effets favorables et des effets néfastes en fonction du niveau de consommation, du type d’alcool consommé et de la pathologie considérée. L’objectif de cet article est de décrire le spectre des manifestations cardiovasculaires les plus fréquentes liées à la prise d’alcool.

L’hépatite alcoolique aiguë

Warling O , Oger AF , Lamproye A , Bernard V , Marting A , Detry O , Louis E , Delwaide J

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),326-331

Résumé : L’hépatite alcoolique aiguë (HAA) se définit selon des paramètres essentiellement cliniques (ictère d’apparition récente chez un patient avec une consommation abusive d’alcool). L’HAA peu sévère est prise en charge par un sevrage éthylique, avec un espoir de survie de 90 % à un mois. Pour les patients atteints d’HAA sévère (évaluée par le score de Maddrey > 32, tenant compte de la bilirubine et du temps de prothrombine), un traitement par corticoïdes se discute, pour autant qu’une éventuelle infection ait pu être exclue ou jugulée. Le traitement par corticoïdes est poursuivi 28 jours si le score de Lille, calculé après 7 jours de corticoïdes, est favorable (< 0,45), avec un espoir de survie de 80-90 %. Par contre, si le score de Lille est défavorable (> 0,45), le pronostic est nettement plus péjoratif avec une survie de 25-30 % à 6 mois. Dans la prise en charge, on apportera une attention toute particulière à la nutrition avec un apport calorique suffisant. La transplantation hépatique, autrefois non autorisée dans cette indication, peut actuellement être discutée dans certaines circonstances particulières. La clé de la réussite résidera, de toute façon, dans le sevrage. Des médicaments novateurs sont actuellement en cours d’étude pour améliorer le pronostic de cette affection.

Problématique de la transplantation hépatique chez le patient alcoolique

Detry O , Meurisse N , Lamproye A , Warling O , Oger AF , Delwaide J , Honoré P

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),332-335

Résumé : En Belgique, comme dans beaucoup d’autres pays, la maladie alcoolique constitue une des causes les plus fréquentes menant à la transplantation hépatique chez l’adulte. Or la transplantation hépatique chez des patients alcooliques pose de claires questions éthiques concernant l’utilisation de greffons pour soigner des patients souffrant d’une maladie trop souvent considérée comme étant auto-infligée. La maladie alcoolique du foie est une des meilleures indications de greffe hépatique, avec d’excellents résultats en termes de durée de survie et de qualité de vie après transplantation. Le pré-requis est que cette transplantation soit proposée par une équipe multidisciplinaire, chez un patient capable de se prendre en charge et soutenu par un environnement familial et social favorable.

L’anesthésiste face à un patient éthylique : gestion et précautions

Farrugia J , Deflandre E , Marchant N , Tasset H , Brichant JF , Javillier B

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),336-341

Résumé : La gestion anesthésique du patient ayant une consommation d’alcool pathologique est difficile. La consommation chronique d’alcool entraîne de nombreuses pathologies, des modifications physiologiques et des changements pharmacologiques, entraînant une augmentation de la morbidité et de la mortalité périopératoires. Par conséquent, les anesthésistes doivent rechercher les effets chroniques et aigus de l’abus d’alcool lors de la prise en charge de tels patients. En outre, l’approche anesthésique de ces patients doit être adaptée pour prévenir les complications périopératoires, y compris les symptômes de sevrage. Enfin, la période préopératoire est l’occasion de commencer le sevrage alcoolique, avec l’accord et la collaboration du patient.

Alcool et complications pancréatiques

Loly JP , Meurisse N , Gast P , Honoré P , Louis E , Meurisse M

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),342-348

Résumé : La consommation d’alcool est la cause principale de développement d’une pancréatite chronique et la seconde étiologie de la pancréatite aiguë. La mortalité de la pancréatite aiguë dépend de son caractère nécrotico-hémorragique et de la réponse inflammatoire initiale tandis que les complications de type douleur, dénutrition et diabète sont les principaux enjeux de la prise en charge de la pancréatite chronique. Au fur et à mesure de l’avancée des techniques médicales et endoscopiques, les indications chirurgicales sont devenues de plus en plus rares, mais restent indispensables pour certains patients. L’approche pluridisciplinaire de ces patients est la clé du succès de la prise en charge.

Consommation d’alcool et cancers ORL

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),349-353

Résumé : En cancérologie ORL, l’alcool est souvent considéré comme un simple co-facteur, potentialisant l’effet carcinogène du tabac. Son effet propre est moins clair. Il est pourtant reconnu par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme un facteur de risque de cancer ORL depuis de nombreuses années. Il semble que le risque soit fonction de l’importance de la consommation, avec la contribution de certaines prédispositions génétiques. Ce risque peut également diminuer en cas d’arrêt de la consommation, moyennant un arrêt prolongé. Par ailleurs, la consommation d’alcool pourrait avoir une influence néfaste sur le pronostic des patients atteints de ces cancers. Une action préventive est donc primordiale, entre autres interventions, via l’information du patient par le corps médical.

L’alcool et la peau

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),354-359

Résumé : Les manifestations cutanées en relation avec la consommation et l’abus d’alcool sont multiples. Il s’agit essentiellement de manifestations vasculaires et de signes cutanés en relation avec l’atteinte hépatique. La consommation d’alcool constitue, par ailleurs, un facteur aggravant de plusieurs maladies cutanées. C’est notamment le cas pour le psoriasis, dont la prévalence est plus élevée. D’autres répercussions cutanées, en relation avec la prise d’alcool, sont également discutées.

Alcool, grossesse et allaitement

Emonts P , Capelle X , Grandfils S , Petit P , Bücheler V , Rigo V

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),360-364

Résumé : Les enquêtes périnatales réalisées au cours des dix dernières années rapportent que 3 % des femmes enceintes consomment de l’alcool. Les conséquences malformatives et neurologiques de l’exposition prénatale à l’alcool sont pourtant connues depuis plus de 50 ans et l’avancée des recherches a montré que les effets de l’alcool durant la grossesse et l’allaitement vont bien au-delà d’anomalies visibles à la naissance. Les conséquences neurologiques, du retard mineur aux troubles comportementaux sévères, illustrent toute la gravité de cette intoxication. Ils justifient une consigne stricte d’abstention de consommation d’alcool durant la grossesse et l’allaitement.

Pharmacothérapie des formes sévères du sevrage éthylique en milieu hospitalier

Gensburger M , Ghuysen A

Rev Med Liege 2019, 74(5-6),365-372

Résumé : Le sevrage éthylique est une condition fréquemment rencontrée chez les patients hospitalisés. Les formes sévères sont causes de morbidité et de mortalité significatives, qui peuvent être drastiquement réduites par un traitement médicamenteux adapté. Une bonne compréhension, tant de la physiopathologie que des propriétés pharmacocinétiques et pharmacodynamiques des médicaments utilisés, est cruciale. Les médicaments doivent agir sur le déséquilibre entre les systèmes de neurotransmetteurs inhibiteurs et excitateurs à l’origine des manifestations cliniques. Un traitement pharmacologique bien conduit permet, non seulement, le contrôle rapide des symptômes, mais limite aussi la progression de la maladie et de ses complications. Il diminue ainsi la consommation de ressources médicales, notamment les besoins en ventilation mécanique et les séjours en soins intensifs. Les agonistes GABAergiques sont les médicaments de première ligne, notamment les benzodiazépines, mais également les barbituriques. D’autres classes médicamenteuses, comme les agonistes alpha2-adrénergiques, pourraient être utiles au contrôle des manifestations dysautonomiques, mais leur place est, au mieux, secondaire.

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ISSN : 0370-629X et e-ISSN : 2566-1566
Rédacteur en chef : A.Scheen
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Dernière modification : 17-06-2019
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