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RMLG - Archives: 2013 May
La Revue Médicale de Liège est un outil de formation médicale continue s'adressant tant aux généralistes qu'aux spécialistes et aux étudiants.

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Archives: Toxicomanies, Addictions et Dépendances(2013)
2013 - volume 68 (5-6)

Editorial. Le praticien face aux addictions dans tous leurs états (2013)

A.J. Scheen, W. Pitchot

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),209-210

Résumé non disponible

Neurobiologie de l’addiction (2013)

J. Scuvée-Moreau

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),211-217

Résumé : Différentes substances psycho-actives peuvent entraîner l’addiction. Malgré leurs cibles pharmacologiques distinctes, toutes les substances toxicomanogènes agissent sur le circuit de récompense et stimulent la libération de dopamine au niveau du nucleus accumbens. Cette stimulation et les effets de renforcement positif qui en résultent sont nettement plus intenses qu’avec les récompenses naturelles. Avec la répétition de leur consommation, les drogues entraînent des modifications neurobiologiques durables au sein du circuit de récompense et des régions associées. Cela aboutit à une reprogrammation des circuits neuronaux impliqués dans le plaisir et la motivation, la mémoire, le conditionnement, les fonctions exécutives, le jugement, le contrôle de soi. Une tolérance aux effets renforçants des récompenses naturelles est observée parallèlement à une sensibilisation aux effets motivationnels des drogues et des stimuli associés à leur consommation. Le comportement s’oriente de plus en plus exclusivement vers la recherche de drogue et sa consommation. L’absence de drogue s’accompagne de sensations émotionnelles négatives, de signes de manque, de «craving» (envie intense de consommer) qui sont des éléments clés de la rechute.

Complications psychiatriques et addictions (2013)

W. Pitchot, G. Scantamburlo, M. Ansseau

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),218-220

Résumé : L’abus de substances psychoactives peut être à l’origine de complications psychiatriques. Les symptômes psychopathologiques peuvent apparaître lors des phases d’intoxication ou être présents chez des patients souffrant de troubles psychiatriques induits par la substance. En outre, l’évaluation de la symptomatologie psychiatrique induite ou exacerbée par la drogue est rendue particulièrement ardue par les difficultés qu’ont les patients à accepter que la décompensation soit favorisée par la prise de substance. Les décompensations psychotiques, la dépression majeure et les réactions anxieuses sont les manifestations psychopathologiques les plus fréquentes chez les sujets toxicomanes.

Les troubles du contrôle des impulsions associés au traitement dopaminergique substitutif antiparkinsonien (2013)

F. Depierreux-Lahaye, J. Crémers, E. Skawiniak, E. Parmentier, V. Delvaux, G. Garraux

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),221-225

Résumé : Les troubles du contrôle des impulsions représentent un effet secondaire souvent méconnu (par le patient et les soignants) du traitement substitutif antiparkinsonien par les agonistes dopaminergiques : comportement alimentaire compulsif, investissement excessif dans certaines activités de loisir, rituels sans but, jeu pathologique, hypersexualité, addiction au traitement dopaminergique, achats compulsifs ... Le modèle physiopathologique actuel fait référence à une « overdose » dopaminergique du circuit méso-cortico-limbique qui sous-tend les comportements motivés. Bien que fréquents, le diagnostic précoce de ces troubles du comportement demeure difficile. Leur dépistage est indispensable en raison des conséquences parfois délétères sur le plan familial, conjugal, professionnel, socio-économique, médical et, parfois, médico-légal. Leur prise en charge n’est cependant pas encore bien codifiée. Il est indispensable d’avertir les patients et leur entourage du risque d’apparition de ces effets indésirables avant l’initiation des agonistes dopaminergiques et de les rechercher systématiquement à chaque visite de contrôle pendant toute la durée du traitement.

Existe-t-il une prédisposition génétique aux addictions ? (2013)

E. Castermans, S. Gaillez, V. Bours

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),226-232

Résumé : Le libre arbitre existe-t-il face à la drogue, à l’alcool ou aux jeux? Notre comportement pourrait-il être influencé par des variations génétiques interindividuelles qui faciliteraient ou, au contraire, préviendraient le développement de dépendances ? La prédisposition aux addictions constitue un trait génétique complexe, résultant de variations de nombreux gènes de susceptibilité, et, bien sûr, de conditions environnementales. On estime l’héritabilité de ce trait à 50% : génétique et environnement contribueraient à part égale dans le développement d’une addiction. Certains gènes impliqués dans les circuits cérébraux dopaminergiques (circuits de la récompense), ainsi que des gènes propres à la métabolisation de différentes drogues, ont été significativement associés au développement d’addictions. In fine, de nouvelles alternatives de traitements sont envisageables à la lumière de ces connaissances émergentes.

La problématique spécifique des addictions chez les adolescents (2013)

A. Malchair

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),233-236

Résumé : Dans son développement normal, l’adolescent est naturellement en risque d’addiction. Il y trouve ce qu’il croit être une solution à ses tensions internes, mais risque de se retrouver piégé par le poison de la dépendance. Il reconnaît rarement ses difficultés et banalise sa consommation, ce qui rend sa prise en charge particulièrement problématique. Le meilleur traitement est, sans doute, la prévention et la pédagogie.

Assuétudes et grossesse : comment détruire un projet de naissance (2013)

P. Emonts, V. Masson, F. Chantraine, F. Kridelka, M. Nisolle

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),239-244

Résumé : Les femmes enceintes sont conscientes que toute forme d’addiction durant leur grossesse peut être préjudiciable à leur enfant. Pourtant, de nombreuses gestantes continuent de fumer, de boire de l’alcool, de consommer des drogues illicites ou d’absorber des médicaments, car ces dépendances sont particulièrement tenaces. Le quatuor de tête en termes de préjudice fœtal est composé du tabac, de l’alcool, de la cocaïne et de l’ecstasy. La période de grossesse est le meilleur moment pour mettre fin à ces addictions. Aussi, est-il indispensable de sensibiliser le grand public, les pouvoirs politiques ainsi que les médecins sur le fait que les assuétudes durant la grossesse représentent une inégalité de santé et d’espérance de vie importante pour l’enfant à naître.

Principes du traitement pharmacologique de l’addiction (2013)

M. Saadan, J. Scuvée-Moreau, V. Seutin

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),245-251

Résumé : La prise en charge de l’addiction constitue une tâche ardue. La meilleure connaissance des mécanismes neurobiologiques impliqués dans cette maladie a néanmoins permis d’identifier des cibles pharmacologiques intéressantes au niveau du circuit de récompense et des régions associées à ce circuit. Les thérapies actuellement efficaces ou prometteuses sont basées sur l’interaction avec les effets aigus de la drogue sur la transmission dopaminergique, sur la réactivation du circuit de récompense en l’absence de drogue, sur la réduction des signes de sevrage, ainsi que sur l’interaction avec les systèmes associés au circuit de récompense. Au niveau de ces systèmes, des neurotransmetteurs tels que le GABA, le glutamate et les opioïdes endogènes jouent un rôle crucial dans le développement de l’addiction. Les approches thérapeutiques médicamenteuses de la dépendance à l’alcool, à la nicotine et aux opiacés sont plus particulièrement développées dans cet article.

Le contrôle du tabagisme en Belgique en 2013 (2013)

P. Bartsch, M. Delvaux, E. Englebert, C. Rasson, J. Dumont

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),252-255

Résumé : L’OMS a, pour la première fois dans son histoire, demandé, en 2003, à tous les Etats Membres de signer une convention-cadre pour la lutte contre le tabac (Framework Convention on Tobacco Control- FCTC). Dix ans plus tard, il apparaît intéressant de faire le point sur la position de la Belgique. Les points essentiels de la réglementation demandée à tous les pays afin de contrôler le plus grand facteur de risque évitable de mortalité dans le monde sont rappelés. Les actions actuellement menées en Belgique sont décrites, avec un souci particulier de mettre en avant l’action nécessaire et urgente des professionnels de santé pour aider les fumeurs à arrêter l’usage du tabac. Les difficultés de prise en charge de l’affection chronique que constitue la dépendance tabagique sont soulignées. Les récentes avancées, acquises dans certains pays du monde, ou en gestation en Europe, pour réduire l’attractivité des produits du tabac sont décrites.

Le sevrage tabagique des fumeurs très dépendants (2013)

J. Perriot, G. Mathern, E. André, A. Schmitt, F. Merson, G. Brousse, M. Underner

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),256-261

Résumé : Certains fumeurs sont en grande difficulté pour s’arrêter de fumer, qu’ils soient motivés à le faire ou qu’ils y soient contraints, pour des raisons sanitaires économiques ou réglementaires. Ces fumeurs ont en commun une forte dépendance au tabac et une consommation élevée de cigarettes. Ils cumulent souvent les facteurs défavorables à la réussite du sevrage : troubles anxio-dépressifs, consommation de substances psycho-actives, précarité socio-économique. Les spécialistes du sevrage tabagique doivent améliorer la prise en charge de ces fumeurs très dépendants.

Le concept de dépendance psychologique à l’alcool est-il encore valable ? (2013)

E. Pinto

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),262-271

Résumé : Longtemps dissocié de la dépendance physique, le concept de dépendance psychologique à une substance est désormais l’objet de recherches croissantes dans le domaine des neurosciences et de la génétique, mettant en lumière un substratum physiopathologique complexe. Les manifestations cliniques de cette dépendance psychologique (craving) sont, en effet, sous-tendues par des bouleversements neurobiologiques liés à la consommation chronique, mais aussi par des facteurs de risque génétiques également à l’oeuvre dans les aspects plus physiques du syndrome de dépendance. La dichotomie entre dépendances physique et psychologique paraît donc devoir être remise en question.

L’alcoolisme, un modèle d’addiction aux complications somatiques multiples (2013)

N. Paquot, J. De Flines, A.J. Scheen

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),272-280

Résumé : L’alcoolisme est, après le tabagisme, l’addiction la plus communément observée dans notre société. Ses répercussions sont multiples, familiales, sociales, professionnelles. L’alcool, par ailleurs, perturbe le métabolisme cellulaire et sa consommation en excès, de façon chronique, est susceptible d’entraîner de multiples dysfonctionnements aboutissant à des complications somatiques atteignant de nombreux tissus ou organes. Cet article décrit les principales atteintes liées à l’alcoolisme touchant le foie, le tractus digestif, le cœur, le système nerveux et le système hématopoïétique. Nous envisageons également les diverses perturbations métaboliques liées à la consommation chronique d’alcool, dont les troubles du métabolisme du glucose, des lipides, de l’acide urique et de certaines vitamines. Enfin, nous analysons les carences nutritionnelles souvent observées chez les personnes alcooliques chroniques et susceptibles d’aggraver les complications somatiques rencontrées.

Les drogues dites «douces» : cannabis et syndrome amotivationnel (2013)

E. Schmits, E. Quertemont

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),281-286

Résumé : En dépit de sa réputation de «drogue douce», l’abus sévère de cannabis est susceptible de provoquer une série d’effets chroniques néfastes. Alors que la majorité des consommateurs font un usage «doux» du cannabis, on peut identifier une minorité de consommateurs problématiques. Cependant, beaucoup de ces observations font encore l’objet de controverses, particulièrement quant à la nature causale de leur relation avec l’usage de cannabis. Il y a généralement consensus scientifique pour affirmer que le cannabis induit un état de dépendance chez une faible proportion des consommateurs. L’abus sévère de cannabis peut aussi engendrer une série de déficits cognitifs, essentiellement mnésiques, mais qui se résorbent habituellement après l’arrêt de la consommation. Le lien statistique établi entre l’usage de cannabis et le développement de troubles psychotiques est plus inquiétant, même si la nature causale de cette relation reste controversée. Enfin, l’usage chronique et sévère de cannabis a la réputation d’induire un syndrome amotivationnel, principalement caractérisé par un état d’apathie. Alors que les symptômes qui constituent le syndrome amotivationnel semblent s’accorder à une certaine réalité clinique, il reste difficile d’affirmer que ce tableau clinique est provoqué essentiellement par l’abus de cannabis.

L’héroïne (2013)

I. Demaret, A. Lemaître, M. Ansseau

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),287-293

Résumé : L’héroïne (ou diacétylmorphine), un dépresseur du système nerveux central, est un opiacé semi-synthétique obtenu à partir de l’opium. L’effet secondaire le plus important est la dépression respiratoire, mortelle en cas de dose trop élevée, particulièrement injectée par voie intraveineuse. Les décès par overdose surviennent fréquemment après une période d’abstinence (volontaire ou non). Le taux de mortalité chez les consommateurs d’héroïne serait actuellement de 1 à 3%. L’assuétude, résultat d’une consommation régulière et répétée, surviendrait chez moins d’un quart des personnes qui ont essayé l’héroïne. Les personnes dépendantes présentent souvent des problèmes multiples (notamment, une insertion dans un milieu délinquant) sans qu’un lien de causalité puisse être établi entre ces problèmes et l’assuétude. Chez une partie des personnes dépendantes, l’assuétude devient une maladie chronique, nécessitant une prise en charge continue. Cette prise en charge est efficace, même si elle est marquée par des rechutes et, parfois, par la poursuite de la consommation d’héroïne. Pour des personnes particulièrement dépendantes, résistant aux autres thérapeutiques, le traitement par héroïne peut être une réponse permettant une distanciation de l’héroïne de rue. L’héroïne est considérée actuellement comme la drogue ayant les conséquences négatives les plus importantes pour l’utilisateur.

Addiction à la cocaïne (2013)

W. Pitchot, G. Scantamburlo, E. Pinto, L. Karila

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),294-297

Résumé : La cocaïne est aujourd’hui la seconde drogue illicite la plus consommée au monde après le cannabis. La cocaïne est un puissant stimulant du système nerveux central et sa consommation est très addictogène. Les conséquences d’une prise occasionnelle ou régulière de cocaïne sont considérables tant sur le plan somatique que psychiatrique. L’augmentation de la consommation de cocaïne et l’importance des conséquences justifient une actualisation des connaissances sur cette problématique assez mal connue.

Sevrage rapide aux opiacés sous anesthésie (roda) (2013)

N. Dubois, C. Hallet, D. Luppens, M. Ansseau, C. Charlier

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),298-302

Résumé : Le sevrage rapide aux opiacés sous anesthésie implique l’utilisation d’antagonistes aux opiacés associée à une anesthésie et à une pharmacothérapie pour réduire la sévérité des symptômes de manque. L’objectif de notre étude est de vérifier les concentrations plasmatiques des métabolites de l’héroïne et de la méthadone durant toute la durée du séjour du patient à l’hôpital afin d’évaluer la quantité de substances actives encore présentes lors des différentes étapes de la procédure. Les concentrations plasmatiques de naloxone et de naltrexone sont également déterminées et comparées aux valeurs cibles conseillées pour ces médicaments. Des prélèvements de sang ont été réalisés chez 10 patients, à différents moments de la procédure d’anesthésie, à l’unité de soins post-anesthésiques et durant le séjour du patient en Psychiatrie. Les concentrations plasmatiques des métabolites de l’héroïne, de méthadone et d’antagonistes ont été mesurées par une méthode précédemment décrite. Les métabolites actifs de l’héroïne ne sont plus retrouvés dans le sang du patient à sa sortie de l’hôpital; par contre, la méthadone est encore retrouvée à des concentrations significatives 3 jours après le début de la procédure de sevrage. La mesure des concentrations plasmatiques de naltrexone nous a permis d’en adapter la posologie afin que les récepteurs aux opiacés soient bloqués durant la période critique du sevrage aigu.

Dangers des benzodiazépines : risques connus et données récentes (2013)

J-M. Cloos, V. Bocquet

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),303-310

Résumé : Les benzodiazépines ont longtemps été considérées comme étant la thérapie de choix dans maints troubles neuropsychiatriques. Elles sont actuellement plus controversées et d’autres substances jugées moins dangereuses les ont remplacées. Cet article passe en revue les caractéristiques des différentes benzodiazépines commercialisées en Belgique et leurs indications actuelles. Abus et dépendance sont décrits, de même que les dangers de l’utilisation de ces molécules dans certaines populations ou situations spécifiques. De nouvelles données font craindre un risque nettement augmenté de décès lors d’une prise chronique. Finalement, des conseils d’usage rationnel et de sevrage sont exposés.

Risquer sa peau pour quelques «joints» (2013)

T. Hermanns-Lê, P. Delvenne, G.E. Piérard, A.F. Rousseau, C. Piérard-Franchimont

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),311-314

Résumé : Marijuana, cannabis, chanvre désignent des plantes et leurs dérivés riches en cannabinoïdes, parmi lesquels le D 9-tétrahydrocannabinol (THC). Cette drogue douce psychostimulante est responsable d’effets indésirables tant au niveau de la peau que des muqueuses et des yeux. Une urticaire de contact allergique est possible, ainsi qu’un phénomène de Raynaud et une artérite ressemblant à une thrombo-angéite oblitérante de Buerger. Une glossite et une stomatite atrophique peuvent se compliquer d’une parodontite et d’un angiœdème typiquement centré sur la luette.

Peut-on parler d’addiction pour le bronzage excessif en cabine ? (2013)

A. Petit, M. Lejoyeux

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),315-320

Résumé : Conduite socialement valorisée, le bronzage peut, comme d’autres comportements, faire l’objet d’une dérive addictive. Cette réflexion fait suite à l’observation de nombreux dermatologues qui rapportent, à propos de leurs patients, des difficultés pour réduire, contrôler ou arrêter leurs séances de bronzage en cabine malgré l’annonce d’un diagnostic de mélanome. Une revue de littérature a été menée sur le bronzage excessif en cabine en effectuant une recherche sur Medline, EMBASE, psycINFO, Google Scholar avec les mots clés seuls ou en combinaison : Tanning, Addiction, Dependence, et Sunbeds afin d’étudier la pertinence du modèle addictif. Nous avons sélectionné des articles de langue anglaise et française parus entre 1974 et 2012. Le bronzage excessif en cabine n’est pas présent dans les classifications internationales de psychiatrie, mais pourrait être rattaché au modèle addictif. Il n’existe pas actuellement de consensus sur la définition du concept, ni de recommandations sur la prise en charge de ce trouble. Aucune publication sur la psychopathologie n’a été retrouvée dans la littérature, bien que certaines hypothèses puissent être avancées. D’autres études devront être menées sur le plan psychopathologique, neurobiologique et de la prise en charge de ces sujets afin d’améliorer notre compréhension du bronzage excessif en cabine.

L’addiction au Soleil, son estocade et la parade des crèmes solaires (2013)

C. Piérard-Franchimont, T. Hermanns-Lê, G.E. Piérard, P. Delvenne

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),321-325

Résumé : Toute discordance entre la pigmentation cutanée innée et le comportement vis-à-vis de l’exposition solaire est un challenge sérieux pour la peau. Les bains de soleil et les bancs solaires conjuguent leurs effets dommageables. Les risques de réactions inflammatoires photoinduites (coup de soleil et autres lucites), de photovieillissement chronique, de photocancérogenèse cutanée en champs, de certaines tumeurs équivoques (kératose actinique, porokératose actinique) et de cancers cutanés (carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire, mélanome) sont des pathologies communes. Pour le grand public et les médias, les crèmes solaires visent à prévenir ces problèmes. Tous ces buts ne sont cependant pas atteints.

Troubles des Comportements Alimentaires et Toxicomanies (2013)

S. Fuchs, I. Geronooz, L. Cleinge, K. Mezzena

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),326-330

Résumé : Le lien entre toxicomanie et troubles des comportements alimentaires est souvent noté dans la pratique et dans la littérature. Ce parallèle peut être établi sur base de leurs manifestations phénoménologiques, structurales et systémiques. Dans cet article, nous relevons ces multiples liens ainsi que l’impact de ces considérations sur le traitement des troubles des conduites alimentaires. Les conduites de dépendance sont depuis longtemps connues des praticiens et offrent un modèle de compréhension des mécanismes sous-jacents des Troubles des Comportements Alimentaires (TCA), sans toutefois tomber dans le travers d’une identification à la toxicomanie. Les TCA, tout comme les toxicomanies, sont des pathologies multifactorielles impliquant différents facteurs de vulnérabilité biologiques, psychologiques, familiaux et sociaux. Leur prise en charge nécessite, dès lors, un accompagnement multidisciplinaire.

La dépendance à l’exercice physique (2013)

A. Petit, M. Lejoyeux

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),331-339

Résumé : Conduite socialement valorisée, la pratique sportive peut, comme d’autres comportements, faire l’objet d’une dérive addictive. Nous avons réalisé une revue de littérature en sélectionnant les articles de langue anglaise et française parus entre 1979 et 2012 en effectuant une recherche sur Medline, EMBASE, psycINFO, Google scholar avec les mots clés seuls ou en combinaison : Sport, Dépendance, Exercice, Addiction comportementale. La dépendance à l’exercice physique se définit comme le besoin impérieux de pratiquer une activité physique, qui conduit à une intensité d’exercice extrême, et engendre des symptômes physiologiques ou psychologiques. Des échelles de mesure ont été proposées afin de poser le diagnostic. Des travaux évoquent une fréquence variant de 10 à 80 %. Cette addiction est plus fréquente chez les dépendants à l’alcool et aux drogues illicites qu’en population générale, tandis que le taux des troubles du comportement alimentaire peut atteindre 40%. Les traits de personnalité les plus souvent associés sont le perfectionnisme, l’extraversion, et la recherche de sensations, alors que les liens pouvant exister entre l’activité sportive intensive et le dopage seront évoqués. Cette pratique particulière de sport représente un modèle original de dépendance comportementale, qui ne figure pas dans les classifications internationales de psychiatrie.

La dépendance affective (2013)

G. Scantamburlo, W. Pitchot, M. Ansseau

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),340-347

Résumé : La dépendance affective se caractérise par une angoisse affective (l’attachement en insécurité) et la dépendance à l’autre qui associe une faible estime de soi et un besoin de réassurance. Cet article propose une réflexion autour de la définition de la dépendance affective, comprise par certains comme une addiction, et la confusion engendrée par ses différentes dénominations. Elle prend ses racines dans l’enfance et les avatars des relations primordiales où la dépendance serait le rapport d’une personne tributaire à une autre avec un attachement lié par l’insécurité. Elle est liée à des facteurs familiaux (des comportements surprotecteurs ou très autoritaires), des facteurs culturels, et socio-environnementaux. Il semble, en effet, qu’un traumatisme émotionnel dans l’enfance puisse engendrer des modifications épigénétiques laissant une «empreinte» sur les circuits préfronto-limbiques, substrats neuronaux des réactions émotionnelles. Des expériences de stress précoces altèrent également les systèmes régulateurs de l’axe du stress et les voies ocytoninergiques en lien avec l’attachement. La dépendance affective est associée à un risque accru de violence physique et psychologique. L’objectif pour le praticien est de proposer un travail de restauration de l’estime de soi et des stratégies thérapeutiques ciblées vers l’autonomie.

Le désordre hypersexuel ne figurera pas dans le DSM V : analyse contextuelle (2013)

I. Toussaint, W. Pitchot

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),348-353

Résumé : Le désordre hypersexuel n’a pas été retenu dans la liste de la dernière version du «manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux» (DSM V) dont la sortie est prévue en mai 2013. L’évolution du concept de désordre hypersexuel et la succession des différents modèles nous amènent à considérer le contexte de la polémique qui a entouré la question de son intégration dans le DSM V. Une brève analyse contextuelle montre que la création de ce concept suit les normes morales et les valeurs psychosociales. Sa construction en tant qu’entité diagnostique repose sur la confrontation de différentes forces sociales présentes dans le processus de développement. Cet article propose de jeter les bases d’une réflexion sur la manière dont se construisent ces entités en santé mentale.

L’addiction au sexe, ça se soigne ? (2013)

A. Cismaru Inescu, R. Andrianne, F. Triffaux, J-M. Triffaux

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),354-358

Résumé : L’addiction sexuelle, ou dépendance au sexe, se caractérise par une hypersexualité, une altération de la régulation du désir sexuel et une compulsion sexuelle traduisant l’existence d’une sexualité avec une fréquence excessive non contrôlée (se caractérisant par une pratique de la sexualité 5 à 15 fois par jour, pendant plus de 6 mois, à partir de l’âge de 15 ans). Entre 3% et 6% de la population adulte (≥18 ans) présenteraient les caractéristiques de l’addiction sexuelle, trouble prédominant chez les hommes, indépendamment de l’orientation sexuelle. A la base de cette pathologie, on trouve les altérations de la régulation des émotions ainsi que du système de récompense et de motivation. L’addiction sexuelle est fréquemment associée à d’autres addictions et à d’autres troubles psychopathologiques. L’utilisation d’accessoires sexuels pour optimiser les performances sexuelles est régulièrement décrite. Dans cet article, nous aborderons les multiples facettes de l’hypersexualité et les différentes possibilités d’approches thérapeutiques dont l’exposition en réalité virtuelle.

Le jeu pathologique : évolutions conceptuelles, caractéristiques cliniques et perspectives psychothérapeutiques (2013)

P. Gijsen, R. Jammaer, H. Mourad, W. Pitchot

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),359-364

Résumé : Les jeux de hasard et d’argent constituent une activité répandue dans la plupart des sociétés. Des formes de jeu ont été présentes tout au long de l’histoire et l’on constate ces dernières années, notamment depuis l’avènement d’internet, l’émergence de nouveaux comportements liés aux jeux, à tel point qu’on peut considérer que jamais la société n’a offert autant d’opportunités propices au développement de comportements addictifs. Les représentations sociales de péché, de déviance et de crime associées par le passé aux jeux de hasard ont disparu. Ceux-ci s’inscrivent désormais dans le champ des activités d’amusement répandues et socialement acceptables, dont les bénéfices ne sont pas négligeables. Cependant, les activités liées aux jeux de hasard et le retentissement qu’elles peuvent avoir sur la personne qui s’y adonne de façon inadaptée peuvent être compris comme un trouble psychiatrique caractérisé par une perte de contrôle, dont la nature et la place exacte au sein de la nosologie psychiatrique sont constamment remises en question. Des modalités de prises en charge psychothérapeutiques individuelles et en groupes existent. Les psychothérapies d’inspiration comportementale et cognitive ainsi que leurs développements actuels sont présentés dans l’article.

Cyberdépendance ? Une nouvelle forme d’addiction comportementale ? (2013)

J-M. Triffaux, J-B. Desert, A. Lakaye

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),365-370

Résumé : La rapidité du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (T.I.C.) a modifié le mode de nos relations intersubjectives, amenant certains individus à développer de nouvelles formes de dépendance comportementale. Si la majorité des utilisateurs consomment Internet avec modération, 1 à 2 % de la population générale souffriraient d’«usage problématique d’Internet» et /ou de «cyberdépendance». Ces chiffres sont à prendre avec précaution en raison du manque de données épidémiologiques fiables. Cependant, à côté des formes classiques d’addictions aux substances psychoactives, et sans vouloir «pathologiser» d’emblée ces nouveaux comportements, la notion d’«addictions sans drogues» fait l’objet de plus en plus de travaux scientifiques. Nous aborderons dans cet article la réalité clinique relative à l’usage problématique ou abusif des nouvelles technologies avec ou sans Internet. Au travers d’un cas clinique, nous décrirons les approches thérapeutiques possibles, que ce soit en ambulatoire ou sous la forme d’hospitalisation de jour. Enfin, nous clôturerons par quelques recommandations à l’attention des parents ou des proches.

«Workaholism» : la dépendance au travail, une autre forme d’addiction (2013)

A.J. Scheen

Rev Med Liege 2013, 68(5-6),371-376

Résumé : L’addiction au travail fait partie des dépendances comportementales, appelées encore dépendances sans drogues, elle est fréquemment rencontrée dans notre société. Le diagnostic différentiel consiste à distinguer un travailleur acharné, qui trouve plaisir dans son activité professionnelle, réussit à profiter de ses loisirs et garde une excellente qualité de vie, d’un vrai dépendant du travail, prisonnier de son comportement compulsif qui finit par retentir sur sa santé psychique et physique, ses relations sociales et familiales et, in fine, sur la qualité même de son travail professionnel. Nous décrirons les différentes typologies caractérisant cette affection, son mode d’évolution, les bases du diagnostic, les différents facteurs de risque, les multiples conséquences négatives pour la personne atteinte et son entourage ainsi que les grands principes de la prise en charge, basée sur une approche cognitivo-comportementale, de ce trouble apparenté à une véritable «toxicomanie».

Centre hospitalier universitaire de Liège Revue Médicale de Liège depuis 1946
ISSN : 0370-629X et e-ISSN : 2566-1566
Rédacteur en chef : A.Scheen
Copyright : Revue Médicale de Liège 2002
Dernière modification : 06-05-2019
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