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2020 - volume 75 (S1)

 
Editorial SARS-CoV-2 et COVID-19 : pas au bout des doutes, questionnements et controverses

Scheen AJ

Rev Med Liege 2020, 75(S1),1-5

Résumé non disponible

Repenser les soins de santé post-COVID-19

Vandenbosch K , Lasri S , Gillet P , Coucke PA

Rev Med Liege 2020, 75(S1),6-10

Résumé : La crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus (COVID-19) a obligé la société, et les hôpitaux en particulier, à s’adapter et se réformer. Le travail en équipe entre hôpitaux, même au-delà des réseaux, a permis de faire face à la crise. Le corps médical et infirmier a dû apprendre à travailler différemment et faire la distinction entre les soins urgents et non urgents. Mais le patient aussi a dû changer ses comportements. L’accès aux hôpitaux s’est vu diviser entre un trajet COVID et non-COVID, bien distincts, afin d’éviter des contaminations. La télémédecine est devenue un moyen quotidien de communiquer entre le monde médical et les patients. Des consultations téléphoniques ont été instaurées avec, à la clef, un remboursement par l’INAMI. Cependant, ces actions et innovations ne devraient pas se terminer avec la crise liée à la COVID-19, mais, au contraire, être un levier pour repenser le rôle des hôpitaux, et notre système de soins de santé plus globalement.

Gestion des admissions aux Urgences durant la pandémie de COVID-19 au sein du CHU de Liège : Apport d’un centre de tri avancé

Gilbert A , Piazza J , Szecel J , Ancion A , Gensburger M , Lopez R , D’Orio V , Ghuysen A

Rev Med Liege 2020, 75(S1),11-17

Résumé : La pandémie de COVID-19 a débuté au mois de mars 2020 sur le territoire belge. Elle a contraint nos institutions hospitalières à une série de réorganisations singulières soutenues par l’activation du Plan d’Urgence Hospitalier. Cet article a pour objet de décrire l’expérience du Centre Hospitalier Universitaire de Liège (CHU de Liège) durant la pandémie de COVID-19 et de relater l’efficience de la mise en place d’un centre de tri avancé en amont des services d’urgences pour la gestion des admissions hospitalières. Méthodes : dès le 2 Mars 2020, le CHU de Liège a mis en place une infrastructure d’accueil des patients suspects d’infection par le SARS-CoV-2. D’abord initiée au sein de l’institution hospitalière, la nécessité d’une infrastructure indépendante s’est rapidement révélée indispensable et a, dès lors, vu le jour dès la fin du mois de mars, sur les deux sites hospitaliers universitaires. Du 2 mars au 3 mai 2020, l’ensemble des données relatives aux visites au sein des centres de tri avancé ont été collectées (nombre d’admissions, motif des visites, examens complémentaires et évolutions cliniques). Résultats : sur la période de l’étude, 3.094 patients ont transité par les centres de tri du CHU de Liège. Cette fréquentation était constituée d’un volume global de 3.431 contacts dont 337 représentaient des réadmissions. La sensibilité et la spécificité des centres de tri en regard de la nécessité d’une hospitalisation étaient, respectivement, de 87,9 % et 93,4 %. Conclusion : notre expérience suggère une efficience optimale des centres de tri avancé, en amont des structures hospitalières traditionnelles, pour orienter de manière appropriée le flux des patients suspects d’infection par le SARS-CoV-2.

La première vague de la COVID-19 aux Soins intensifs, mars-mai 2020

Marchetta S , Lambermont B , Massion P , Rousseau AF , Layios N , Robinet S , Canivet JL , Kisoka G , Ledoux D , Morimont P , Piret S , Wiesen P , Misset B

Rev Med Liege 2020, 75(S1),18-28

Résumé : En décembre 2019, à Wuhan, une nouvelle pathologie infectieuse humaine est née, le COVID-19, consistant avant tout en une pneumonie, induite par le coronavirus nommé SARS-CoV-2 en lien avec l’intensité de la détresse respiratoire qu’il entraîne (SARS pour syndrome respiratoire aigu sévère, et CoV pour coronavirus). Une véritable crise sanitaire et planétaire est apparue, bien plus conséquente que celle liée au SARS-CoV-1 en 2002-2004 et au MERS-CoV (Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus) en 2012. Outre une atteinte respiratoire pouvant être dramatique, cette pathologie est complexifiée par la fréquence des atteintes cardiovasculaires, rénales et de la coagulation. Les systèmes de soins de santé ont dû s’adapter urgemment, en l’absence de recul face à la pathologie, et sans armes thérapeutiques efficaces. Au travers de cette revue de la littérature, nous détaillons nos pratiques locales pour la prise en charge globale des patients hospitalisés aux Soins intensifs.

Résilience et réactivité de la médecine générale durant la pandémie COVID-19

Belche JL , Joly L , Crismer A , Giet D

Rev Med Liege 2020, 75(S1),29-37

Résumé : La pandémie COVID-19 a imposé à la médecine générale de nombreuses réactions et adaptations de son mode de fonctionnement. Nous les décrivons dans cet article, selon la chronologie imposée par les différentes phases de cette crise inédite, durant les trois premiers trimestres de 2020. Le système de santé belge a été mis sous tension, dans toutes ses composantes. La médecine générale a pu s’appuyer sur ses forces, mais a également souffert de certaines faiblesses. Des premiers enseignements doivent être tirés pour mieux répondre aux défis de demain.

Organisation des soins en cancérologie dans le contexte de la COVID-19 : expérience au CHU de Liège

Jérusalem G

Rev Med Liege 2020, 75(S1),38-40

Résumé : La pandémie de la COVID-19 a eu un impact majeur sur l’organisation des soins en Oncologie. Surpris par la rapidité des événements, il fallait redéfinir en urgence le fonctionnement d’un service d’Oncologie médicale dans un hôpital qui devait, en priorité, s’occuper de la prise en charge des patients infectés par le SARS-CoV-2. L’auteur décrit comment, avec l’aide d’un réseau international et de projets scientifiques locaux, tous les efforts ont été réalisés pour assurer la continuité des soins dans les meilleures conditions de sécurité du patient.

La dialyse chronique face à la COVID-19

Résimont G , Dubois B , Grosch S , Bovy C , Collart F , Krzesinski JM

Rev Med Liege 2020, 75(S1),41-47

Résumé : Au cours des derniers mois, la COVID-19 a été au centre des préoccupations et de l’attention de chacun. Les patients dialysés, et surtout ceux hémodialysés en centre, représentent une population particulièrement à risque de contamination vu la nécessité de se rendre à l’hôpital plusieurs fois par semaine et compte tenu de leur fragilité intrinsèque liée au statut de malade rénal chronique, un âge souvent plus avancé, et de nombreuses comorbidités. Ils ont donc un risque de développer une infection grave et potentiellement mortelle. Dès lors, la stratégie de prévention est d’une importance capitale pour ces patients.

Dépistage préopératoire systématique du SARS-CoV-2 par scanner thoracique avant chirurgie urologique

Degraeve A , Tilmans G , Piraprez M , Lejeune S , Nicolas H , Roumeguère T

Rev Med Liege 2020, 75(S1),48-54

Résumé : Avec l’épidémie de COVID-19, l’Association Belge d’Urologie a recommandé de limiter les soins chirurgicaux non urgents. Le but de cette étude était d’analyser si un dépistage préopératoire de la COVID-19 était essentiel pour sélectionner les candidats opératoires optimaux et son impact sur les résultats chirurgicaux. Matériel et méthodes : nous présentons une analyse rétrospective des patients qui ont subi des chirurgies urologiques oncologiques à haut risque et d’urgence dans un centre tertiaire belge du 30 mars au 30 avril 2020. Le protocole de dépistage était une évaluation clinique plus CT thoracique pour identifier les patients COVID-19 positifs. Résultats : 32 patients ont bénéficié d’opérations oncologiques (n = 17; 53 %) et urgentes (n = 15; 47 %). Le dépistage par CT thoracique a révélé trois cas de COVID-19 (9 %) conduisant à deux reports de la chirurgie. Le troisième est décédé de complications respiratoires après procédure urgente pour perforation vésicale. Deux patients ont développé des symptômes postopératoires compatibles avec la COVID-19. Un CT thoracique était suspect, les RT-PCR négatives et les récupérations favorables. Des mesures de sécurité ont été instaurées pour atténuer la transmission intra-hospitalière. Conclusion : nous rapportons la faisabilité et l’efficacité du dépistage systématique préopératoire de la COVID-19 uniquement par CT thoracique. Cette stratégie pourrait permettre d’effectuer la majorité des interventions oncologiques à haut risque en toute sécurité pour les patients et le personnel chirurgical.

La déferlante COVID-19 : la PCR à la rescousse ! Chronique d’une gestion de crise au Laboratoire de Microbiologie clinique du CHU de Liège

Hayette MP , Meex C , Bontems S , Diop C , Nizet A , Lamtiri M , Descy J , Vaira D , Jacques J , Thys M , Gillet P , Melin P

Rev Med Liege 2020, 75(S1),55-61

Résumé : L’émergence du virus SARS-CoV-2 en décembre 2019 en Chine et son expansion à travers le monde et l’Europe ont sollicité la participation des laboratoires de Biologie clinique en tant qu’acteurs majeurs dans le diagnostic de la COVID-19, via la réalisation de tests PCR principalement sur des prélèvements nasopharyngés. En Belgique, le premier patient confirmé COVID-19 a été diagnostiqué début février, avant d’être suivi par de nombreux cas d’infections, initialement chez des vacanciers revenant des sports d’hiver. Afin de répondre à l’augmentation du nombre de tests, le laboratoire de Microbiologie clinique du CHU de Liège a dû s’adapter en développant des tests PCR, d’abord manuels puis automatisés. Ceux-ci ont permis d’augmenter le nombre d’analyses, tout en garantissant un temps de rendu des résultats court, en mettant en place un système de communication des résultats à grande échelle et en trouvant des solutions pour faire face à la pénurie des dispositifs de prélèvement. Cette première vague de la pandémie a aussi révélé une solidarité sans précédent au sein de l’institution. Dans cet article, nous retraçons la chronologie de la gestion de cette crise sanitaire inédite au sein du laboratoire de Microbiologie clinique du CHU de Liège.

Impact de la pandémie de la COVID-19 sur la santé psychologique du personnel soignant

Pitchot W

Rev Med Liege 2020, 75(S1),62-66

Résumé : Le monde de la médecine est particulièrement touché par la problématique du stress. Le stress généré par la pandémie de la COVID-19 est venu s’ajouter à une souffrance psychique déjà élevée. Face à une menace non anticipée et très peu connue, l’organisation des soins de santé s’est retrouvée bouleversée. Il est très difficile de prévoir quelle va être l’importance de l’impact de cette pandémie sur le plan psychologique et psychiatrique. Mais, on devra faire preuve de prudence et, surtout, mettre en place une stratégie de prévention des décompensations psychiques chez les médecins et membres du personnel soignant exposés.

La Fondation Léon Fredericq contre la COVID-19 à Liège

Mazy C , Boniver J

Rev Med Liege 2020, 75(S1),67-73

Résumé : La Fondation Léon Fredericq soutient les médecins et les chercheurs de l’ULiège et du CHU de Liège pour faire reculer les frontières de la connaissance et contribuer à améliorer les soins aux patients. Dès le début de la crise due à la COVID-19, elle a lancé un appel aux dons visant à permettre au CHU de prendre des mesures d’urgence pour la prise en charge des patients atteints de cette maladie. En outre, en mobilisant des moyens financiers importants, elle a sélectionné treize projets de recherche visant à mieux comprendre les conséquences d’une infection par le SARS-CoV-2.

La pandémie COVID-19 : une formidable opportunité pour les technologies digitales

Coucke Ch , Coucke PA

Rev Med Liege 2020, 75(S1),74-80

Résumé : Nous faisons face à une crise sanitaire mondiale. L’agent pathogène incriminé, le SARS-CoV-2, se distingue des autres pathologies respiratoires par différents aspects cliniques et pathologiques, qui ont largement fait l’objet de multiples publications. Cette pandémie apparaît à une époque cruciale pour notre système des soins de santé. Elle a mis dans la lumière nos errements politiques et notre quasi-incapacité à gérer cette crise mondiale «ensemble». Elle a exacerbé les problèmes de financement des soins et des ressources humaines, y compris dans les pays nantis. La mise en place, dans l’urgence, de la technologie connectée, en particulier les consultations virtuelles, amène par ailleurs des changements disruptifs majeurs et indispensables dans l’écosystème des soins. Nous voulons démontrer que cette irruption brutale de la technologie connectée pourrait bien aider le monde des soins à aborder, et enfin accepter, ces changements devenus incontournables. La télémédecine, surgie de nulle part (quasiment du jour au lendemain pour certains prestataires) pourrait bien être l’exemple d’une percée sans retour en arrière vers un nouvel écosystème.

Les aspects radiologiques de la pneumopathie à COVID-19 : de l’imagerie conventionnelle à l’intelligence artificielle

Guiot J , Danthine D , Deprez L , Louis R , Lovinfosse P , Meunier P

Rev Med Liege 2020, 75(S1),81-85

Résumé : Dans le décours de la pandémie induite par l’apparition d’un nouveau coronavirus (SARS-CoV-2; COVID-19) à l’origine d’un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA), nous avons dû repenser l’approche diagnostique des patients souffrant de symptômes respiratoires. En effet, bien que l’usage de la RT-PCR reste la clé de voûte du diagnostic, le retard de diagnostic ainsi que la surcharge des plateformes microbiologiques nous ont menés à rendre quasi systématique l’usage de l’imagerie thoracique pour la prise en charge des patients. L’imagerie thoracique a démontré, dans ce contexte, un intérêt majeur dans l’aide au diagnostic afin d’orienter, au mieux, la prise en charge des patients admis à l’hôpital. Les signes les plus couramment rencontrés sont particulièrement bien décrits en tomodensitométrie thoracique. L’imagerie typique associe des lésions en verre dépoli bilatérales, multi-lobaires, à prédominance périphérique et postérieure. Il est classique d’identifier des lésions significatives chez des patients asymptomatiques, l’imagerie précédant parfois l’apparition de symptômes. Au-delà de l’imagerie thoracique conventionnelle, de nombreuses équipes ont développé de nouveaux outils d’intelligence artificielle afin d’aider, au mieux, les cliniciens dans la prise de décisions.

Coagulopathies, risque thrombotique et anticoagulation dans la COVID-19

Peters P , Sprynger M , Lancellotti P , Oury C

Rev Med Liege 2020, 75(S1),86-93

Résumé : Les observations cliniques indiquent qu’une grande proportion des patients atteints de la COVID-19 développent des coagulopathies plus ou moins sévères et associées à un taux élevé de morbidité et de mortalité. Ces troubles de la coagulation seraient liés à l’inflammation systémique et aux lésions endothéliales causées par l’infection par le SARS-CoV-2 («Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2»). Leur incidence augmente avec la sévérité de la COVID-19. Ils se traduisent par un risque accru de maladies thromboemboliques veineuses (MTEV) ou artérielles ou par le développement d’une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) aux stades cliniques les plus avancés. Les Organisations médicales de Thrombose et Hémostase, parmi lesquelles la Société Belge de Thrombose et Hémostase (BSTH), ont formulé des recommandations pour la prophylaxie et le traitement des MTEV associées à la COVID-19 chez le patient hospitalisé, ambulatoire, et le patient sous traitement anti-thrombotique au moment du développement de la maladie. Ces recommandations ont été rédigées afin de répondre à un besoin médical urgent, de manière adaptée aux soins de santé propres à chaque système local; elles reposent, essentiellement, sur un niveau de preuve limité et sont, dès lors, susceptibles d’évoluer avec une meilleure connaissance de la COVID-19 et la disponibilité des données des essais cliniques en cours.

Embolie pulmonaire chez des patients atteints de COVID-19 : à propos de 6 cas

Steeman A , Mazairac G , Kirsch L , Frusch N , Morandini E , Benoit A

Rev Med Liege 2020, 75(S1),94-100

Résumé : Depuis la fin de l’année 2019, le monde est frappé par une épidémie causée par le virus SARS-CoV-2. La maladie à coronavirus 2019 se manifeste dans la majorité des cas par de la pyrexie, de la toux, de la dyspnée, des myalgies et de la fatigue. Néanmoins, elle peut aussi se présenter sous des formes plus sévères, allant de la pneumopathie hypoxémiante jusqu’à l’insuffisance respiratoire et à la défaillance multiorganique. Des études récentes suggèrent que l’infection à SARS-CoV-2 prédispose aux événements thromboemboliques. Bien que l’incidence de l’embolie pulmonaire dans le cadre de la maladie à coronavirus soit inconnue, elle constitue une complication potentiellement fatale. L’embolie pulmonaire peut être difficile à mettre en évidence car les signes et symptômes peuvent être similaires et se confondre avec ceux d’une pneumopathie à SARS-CoV-2. Nous rapportons 6 cas d’embolie pulmonaire associée à une pneumopathie à SARS-CoV-2.

Lésions pulmonaires dans la COVID-19 sévère : confrontation anatomoclinique

Delvenne M , de Froidmont S , Davenne E , Detrembleur N , Oury C , Delvenne P

Rev Med Liege 2020, 75(S1),101-108

Résumé : Nous rapportons l’évolution fatale de deux patients infectés par le SARS-CoV-2 et porteurs de lésions pulmonaires sévères à l’imagerie thoracique et à l’examen autopsique. Nous décrivons également les mesures de biosécurité à adopter pour la réalisation des autopsies au cours de la pandémie de la Covid-19.

Atteintes rénales de la COVID-19

Erpicum P , Grosch S , Bouquegneau A , Huart J , Résimont G , Bovy C , Habran L , Delvenne P ), Krzesinski JM , Burtey S , Delanaye P , Jouret F

Rev Med Liege 2020, 75(S1),109-114

Résumé : Le virus SARS-CoV-2 provoque un syndrome de détresse respiratoire aiguë, le symptôme principal de l’infection COVID-19 (pour «COronaVIrus Disease 2019»). Cette maladie infectieuse provoque une pandémie de gravité sanitaire et socio-économique majeure depuis décembre 2019. La cible principale du SARS-CoV-2 serait l’alvéole pulmonaire. Néanmoins, ce coronavirus est capable d’affecter directement ou indirectement d’autres organes, y compris les reins. Nous résumons ici la physiopathologie présumée de l’atteinte rénale de la COVID-19. L’incidence de l’insuffisance rénale aiguë varie entre 0,5 à 22 % de tous les patients infectés par le SARS-CoV-2. La nécessité d’une épuration extra-rénale est rapportée chez 5-9 % des patients pris en charge aux soins intensifs. L’analyse histologique de biopsies rénales montre, principalement, une nécrose tubulaire aiguë de sévérité variable, ainsi qu’une congestion des capillaires glomérulaires et péri-tubulaires. Une endothélite a parfois été décrite. L’atteinte inflammatoire du glomérule reste débattue. Les conséquences à moyen/long termes de la néphropathie COVID-19 sont inconnues et mériteront un suivi étroit.

Les manifestations dermatologiques de la COVID-19

Jouret G , Damsin T , Vanhakendover L , Bailleux S , Braham C , Nikkels AF

Rev Med Liege 2020, 75(S1),115-118

Résumé : Outre les symptômes principaux respiratoires, la COVID-19 a été associée avec toute une série de manifestations cutanées. Néanmoins, dans de nombreuses publications, il est assez difficile de discerner si la COVID-19 est directement causale des lésions cutanées, s’il s’agit plutôt d’un phénomène cutané paraviral ou si l’association est fortuite. Dans cette revue, les manifestations cutanées associées à la COVID-19 sont décrites ainsi que leur éventuelle valeur diagnostique et/ou pronostique. Les lésions de type acral (pseudo-engelure) sont les plus fréquentes et surtout utiles pour des données épidémiologiques. Les éruptions vésiculeuses disséminées touchent environ 23 % des patients et peuvent suggérer une infection récente par la COVID-19. Les lésions de type vasculite sont plutôt rares, mais peuvent être considérées comme un facteur de mauvais pronostic.

Complications neuropsychiatriques de la COVID-19

Constant E

Rev Med Liege 2020, 75(S1),119-122

Résumé : La pandémie à coronavirus COVID-19 constitue un facteur de stress majeur dans la population, de par la confrontation à notre vulnérabilité sur le plan physique, notre peur de mourir, le bousculement important de nos habitudes de vie liées au confinement et la difficulté de nous projeter dans le futur. Les soignants eux-mêmes sont, plus que jamais, exposés au burnout et au stress post-traumatique. Cependant, d’autres complications neuropsychiatriques en lien direct avec l’infection virale du système nerveux central ou secondaires à la tempête immunitaire sont à craindre à court terme (encéphalopathies, myopathies, anosmie, agueusie), mais aussi à moyen et long termes (dépression, troubles anxieux, schizophrénie, syndrome de stress post-traumatique, syndrome de Guillain-Barré, maladie de Parkinson ou affections neurodégénératives). Les mécanismes physiopathologiques, en particulier immunitaires, à l’origine de l’atteinte du système nerveux central, seront discutés. Un monitoring strict longitudinal de ces complications

Système rénine-angiotensine-aldostérone : bref historique et questionnements face à la pandémie COVID-19

Valdes-Socin H , Jouret F , Vroonen L , Scheen AJ , Lancellotti P

Rev Med Liege 2020, 75(S1),123-129

Résumé : La percée des secrets de l’hypertension artérielle et du système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA) est une des histoires légendaires de la médecine. Les expériences de Tigerstedt sur la rénine, puis le modèle d’hypertension rénale de Loesch et de Gollblatt, constituent un premier chapitre. La course pour élucider le mécanisme de l’angiotensine, l’angiotensinogène et l’enzyme de conversion de l’angiotensine par les équipes de Braun Menéndez et de Page est un deuxième chapitre. Le puzzle de cette élégante cascade biochimique se complète par la description de l’aldostérone isolée par les époux Tait avec Tadeus Rechstein, et, comme corollaire, la description par Conn de l’hyperaldostéronisme primaire. La compréhension physiopathologique du SRAA amène naturellement à la synthèse de l’anti-hypertenseur captopril par Ondetti et Cushman, inaugurant l’ère moderne des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) et des antagonistes des récepteurs AT1 de l’angiotensine 2 (ARAII ou sartans). En mars 2020, une pandémie virale déclenchée par le SARS-CoV-2 embrase la planète. Ce coronavirus utilise comme porte d’entrée cellulaire l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE-2) du SRAA. La voie de signalisation SARS-CoV-2/ACE-2 et ses effets, sur les systèmes cardio-respiratoire et rénal, ouvrent un nouveau chapitre. L’interaction de cet axe SARS-Cov-2/ACE-2 avec les antihypertenseurs, mais aussi les activateurs et homologues de l’ACE-2 font objet d’une étude internationale active, à la recherche de cibles thérapeutiques. Cette recherche, que nous synthétisons dans cet article, est destinée à développer notre connaissance sur le SRAA et, nous l’espérons, à améliorer peut-être la prise en charge des patients avec COVID-19.

COVID-19 et asthme

Louis R , Calmes D , Frix AN , Schleich F

Rev Med Liege 2020, 75(S1),130-132

Résumé : Vu le rôle joué par les virus respiratoires dans les exacerbations asthmatiques, nous avons eu les pires craintes au début de l’épidémie de SARS-CoV-2 de voir les patients asthmatiques déferler dans les services hospitaliers. Il semble pourtant que l’asthme ne présente ni un facteur de risque d’infection, ni un facteur de risque de surmortalité. La prise de corticoïdes inhalés pourrait même protéger, en réduisant l’expression du récepteur ACE2, port d’entrée du virus dans les voies respiratoires. Seuls les patients asthmatiques plus sévères, recevant des corticoïdes systémiques ou des hautes doses de corticoïdes inhalés, ont un excès de mortalité, sans doute en raison des comorbidités associées. La prise de traitements biologiques anti-IgE et anti-IL-5 ne semble pas associée à un risque particulier d’infections sévères.

La corticothérapie chez le patient critique atteint d’une pneumopathie interstitielle à SARS-CoV-2

Mingoia A , Lejeune F , Sottiaux T , Van Brussel C , Adam JF

Rev Med Liege 2020, 75(S1),133-137

Résumé : La crise sanitaire provoquée par le SARS-CoV-2 n’a de cesse de questionner la communauté scientifique sur un traitement efficace pour combattre la maladie. La compréhension de la physiopathologie constitue un élément clé de la recherche. Bien que l’utilisation des corticoïdes soit débattue, des publications récentes sur la pathogenèse et l’analyse anatomopathologique nous permettent d’envisager leur utilisation avec un autre angle d’approche. À travers ces deux cas cliniques, il nous semblait intéressant de faire le point sur les données les plus récentes de la littérature sur l’intérêt de la corticothérapie chez le patient critique atteint par la COVID-19.

COVID-19 et diabète

Paquot N , Radermecker RP

Rev Med Liege 2020, 75(S1),138-145

Résumé : Le diabète est l’une des comorbidités les plus importantes liées à la gravité de l’infection causée par le SARS-CoV-2 (Severe Acute Respiratory Syndrome CoronaVirus 2). La prévalence des patients diabétiques hospitalisés en unités de soins intensifs pour COVID-19 est deux à trois fois plus élevée que celle observée chez les patients non diabétiques et le risque d’évolution vers une forme critique ou mortelle de l’affection est multiplié par 3 à 4 chez les patients diabétiques. Plusieurs mécanismes peuvent expliquer pourquoi le diabète constitue un facteur de risque de forme sévère de la COVID-19, certains sont liés intrinsèquement au diabète (comme l’hyperglycémie) et d’autres sont associés au diabète (comme la dysfonction immunitaire, l’obésité et l’hypertension artérielle). Optimiser le contrôle glycémique pour réduire le risque de COVID-19 sévère semble important, mais difficile, et le meilleur choix de traitement antidiabétique reste à établir, même si l’introduction d’un traitement par insuline chez les patients diabétiques de type 2 atteints de COVID-19 est encouragée dès l’admission à hôpital. De nouvelles études, en particulier sur le plan clinique, demeurent indispensables pour améliorer la prise en charge et le pronostic de ces patients à très haut risque.

COVID-19 sévère, une nouvelle complication à ajouter aux nombreuses comorbidités de l’obésité

De Flines J , Scheen AJ

Rev Med Liege 2020, 75(S1),146-152

Résumé : L’obésité est associée à une panoplie de complications diverses, bien connues. Elle représente, maintenant aussi, un risque augmenté d’infection COVID-19 sévère, conduisant à des hospitalisations plus fréquentes, un besoin accru d’assistance respiratoire en unités de soins intensifs (USI) et, in fine, une surmortalité. L’augmentation relative du risque par rapport aux personnes non obèses concerne surtout les sujets jeunes. Les raisons d’un moins bon pronostic sont multiples : altération de la mécanique ventilatoire, présence fréquente de comorbidités (diabète, hypertension ou apnée obstructive du sommeil,) enfin, des réactions immunologiques et inflammatoires inappropriées et excessives, avec libération de cytokines (interleukine-1 and interleukine-6, notamment). Ainsi, la COVID-19 semble remettre en cause l’«obesity paradox», décrit dans les USI chez les patients avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë où l’obésité était, habituellement, considérée comme conférant une issue plus favorable. Dans le cas particulier, la spécificité de la COVID-19, condition où l’obésité aggrave nettement le pronostic, fait l’objet d’hypothèses mécanistiques qui doivent encore être validées.

Rôle de la médecine physique et réadaptation fonctionnelle dans les suites d’une atteinte au SARS-CoV-2

Sauvant C , Bodet C , Moriclet T , Manto F , Bartsch V , Pirnay L , Kellens I , Maes N , Thys M , Kaux JF

Rev Med Liege 2020, 75(S1),153-158

Résumé : L’année 2020 restera marquée par la pandémie de SARS-CoV-2, originaire de Chine, qui a confiné une grande partie de la population mondiale. Les services de médecine physique et rééducation fonctionnelle ont dû adopter des mesures spécifiques afin de limiter la contagion de leurs patients, appartenant à la population à risque. Ils se préparent également à l’accueil et à la prise en charge des patients post-COVID-19 présentant des séquelles secondaires à l’infection ou à l’hospitalisation prolongée en réanimation, responsable d’un syndrome post-soins intensifs. L’objectif de cet article est de dégager les différentes pathologies auxquelles les médecins rééducateurs seront confrontés et de proposer un algorithme décisionnel pour orienter la prise en charge rééducative.

Recommandations psychopharmacothérapeutiques : un défi en temps de crise sanitaire

Javelot H , Samalin L , Weiner L , Meyer G , Fossati P , Haffen E , Llorca PM

Rev Med Liege 2020, 75(S1),159-160

Résumé : Réaliser des recommandations pharmacothérapeutiques est une démarche complexe, plus encore dans une période de crise sanitaire, comme celle que nous traversons avec la pandémie liée au SARS-CoV-2. En psychiatrie, les préconisations formulées se doivent de rappeler la légitime prudence à adopter dans le maniement des psychotropes, dans un contexte qui, par ailleurs, présente certaines de ces médications comme potentiellement prophylactiques de la COVID-19. Ces enjeux contradictoires sont débattus, les concepts méthodologiques de l’élaboration des recommandations sont rappelés.

Le point sur les stratégies médicamenteuses contre la COVID-19 : entre espoirs et déceptions

Scheen AJ , Moutschen M

Rev Med Liege 2020, 75(S1),162-169

Résumé : La pandémie COVID-19 a suscité de nombreuses tentatives d’intervention pharmacologique, diverses et variées, pour améliorer le pronostic de l’infection, en particulier chez les patients hospitalisés pour un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Ces essais ont d’abord fait appel à des médicaments connus, susceptibles d’agir directement sur le virus SARS-CoV-2, en testant divers agents antiviraux déjà utilisés avec un certain succès dans d’autres infections virales. C’est le remdésivir qui a montré les résultats les plus prometteurs. Ensuite, au vu du rôle néfaste attribué à l’orage cytokinique, des médicaments enrayant plus spécifiquement l’action de cytokines proinflammatoires (notamment, interleukine-1 et interleukine-6) ont été essayés. L’hydroxychloroquine, éventuellement associée à l’azithromycine, a fait l’objet, un moment, d’un véritable buzz médiatique. Au total, cependant, les espoirs fondés dans tous ces médicaments se sont plutôt mués en déceptions face au SARS-CoV-2 qui présente des particularités insoupçonnées, le rendant résistant à la plupart des médicaments testés. Seules la dexaméthasone et l’hydrocortisone, sans doute par une action anti-inflammatoire non spécifique, ont montré une réduction significative de la mortalité des patients COVID-19 avec SDRA. Dès lors, ces glucocorticoïdes sont maintenant recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé. Une recherche intense est actuellement en cours à l’échelle mondiale pour trouver des combinaisons thérapeutiques ou des médicaments innovants qui pourraient améliorer, de façon incontestable, le pronostic de l’infection COVID-19 aux différents stades de la maladie.

Impact sociétal de la vaccination : au-delà de la protection individuelle. Regain d’intérêt face à la pandémie COVID-19 ?

Dauby N

Rev Med Liege 2020, 75(S1),170-175

Résumé : L’hésitation vaccinale est croissante dans le monde, nuisant aux efforts de contrôle des maladies infectieuses. Les professionnels de la santé jouent un rôle important dans l’acceptation de la vaccination. Une conscientisation sur les effets bénéfiques de la vaccination est une des stratégies conseillées par l’OMS afin de contrer l’hésitation vaccinale. Au-delà de la protection individuelle vis-à-vis d’un pathogène, la vaccination est associée à une protection au niveau de la communauté. Dans cette revue narrative de la littérature, les effets sociétaux de la vaccination, au sens large, sont résumés. Les bénéfices incluent une meilleure probabilité de profiter d’une éducation complète, une augmentation de la productivité et un impact fiscal positif, la limitation des inégalités hommes-femmes et la prévention d’épidémies coûteuses. Les bénéfices larges de la vaccination doivent faire partie de la communication au sujet de l’impact de la vaccination et intégrer les programmes éducationnels destinés aux futurs professionnels de la santé. La pandémie liée à la COVID-19 a un impact social et économique sévère et est l’illustration paroxystique d’un monde sans vaccin. Malgré cela, des enquêtes récentes ont montré que l’acceptation d’un futur vaccin prévenant le SARS-CoV-2 ne sera pas automatique et illustrent l’importance d’une communication également axée sur la sécurité et la tolérance d’un futur vaccin.

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Dernière modification : 19-11-2020
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