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RMLG - Accueil : Articles du numéro en cours
La Revue Médicale de Liège est un outil de formation médicale continue s'adressant tant aux généralistes qu'aux spécialistes et aux étudiants.

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2018 - volume 73 (11)

 
Le cas clinique du mois. Scorbut, maladie historique ?

Schweich M , De Voeght A , Sacré F , Bernard V , Michels V

Rev Med Liege 2018, 73(11),541-543

Résumé : Le scorbut, expression clinique du déficit en vitamine C, est une maladie en recrudescence dans nos sociétés souffrant d’une précarité grandissante et adoptant de façon systématique une alimentation «occidentale» carencée en fruits et légumes. Le cas présenté illustre ce problème chez une personne éthylique à risque.

La metformine revisitée : moins de restrictions et davantage d’indications

Scheen AJ , Lefèbvre PJ , Paquot N

Rev Med Liege 2018, 73(11),544-549

Résumé : Commercialisée depuis plus de 60 ans, la metformine est recommandée en première intention dans le traitement du diabète de type 2, ce qui en fait, aujourd’hui, le médicament anti-hyperglycémiant le plus prescrit à travers le monde. Malgré cette longue expérience, la metformine garde ses mystères, notamment quant aux mécanismes qui sous-tendent son action antidiabétique et d’autres effets potentiels. Au cours des dernières années, certaines contre-indications à l’utilisation de la metformine ont été, au moins partiellement, levées tandis que de nouvelles indications apparaissent avec, par ailleurs, des perspectives intéressantes dans des domaines aussi importants qu’inattendus, comme le cancer ou les maladies neurodégénératives. Les résultats prometteurs des études animales et des études observationnelles humaines doivent cependant être vérifiés dans des essais d’intervention contrôlés bien conduits.

Complications cardiaques de la drépanocytose chez l’enfant

Astadicko I , Dresse MF , Seghaye MC

Rev Med Liege 2018, 73(11),550-556

Résumé : La drépanocytose ou Sickle Cell Disease (SCD) est une maladie génétique qui résulte d’une anomalie du gène codant pour la chaîne ? de l’hémoglobine. Les syndromes drépanocytaires majeurs (formes SS, SC et S?-thalassémie) se traduisent par une hémolyse chronique, une susceptibilité aux infections et des crises vasoocclusives. Celles-ci entraînent des micro-embolies ou infarctus responsables des lésions organiques aiguës et chroniques. Les transfusions sanguines répétées ont pour conséquence une surcharge en fer, également impliquée dans les atteintes multi-organiques. Les complications cardiaques conditionnent la morbidité et la mortalité des sujets drépanocytaires. Elles sont dues aux conséquences de l’anémie chronique, des crises vaso-occlusives, de la surcharge martiale et des répercussions des atteintes pulmonaires, rénales et hépatiques. Les complications cardiaques , essentiellement les cardiomyopathies dilatées ou restrictives et l’hypertension artérielle pulmonaire, sont souvent méconnues chez l’enfant. Les cas de mort subite ou d’insuffisance cardiaque aiguë sur infarctus du myocarde ou arythmie sont devenus exceptionnels. Cette revue de la littérature aborde les aspects physiopathologiques des complications cardiaques de la drépanocytose, les techniques de dépistage et leurs implications dans la prise en charge des patients.

L’occlusion membraneuse de la veine cave inférieure : Une étiologie rare du syndrome de Budd-Chiari

Collot J , Bletard N , Lamproye A

Rev Med Liege 2018, 73(11),557-561

Résumé : Rarement retrouvée en Occident, l’occlusion membraneuse de la veine cave inférieure résulte d’un épaississement fibreux de l’intima, préférentiellement situé en regard de l’abouchement des veines sus-hépatiques. Jusqu’à ce jour, deux hypothèses étiopathogéniques ont été formulées : l’une considérant plutôt le versant embryologique, l’autre plaidant pour une origine thrombotique. Néanmoins, plusieurs études sont toujours en cours afin de comprendre le mécanisme physiopathologique exact de cette obstruction. Certaines suspectent, notamment le rôle prédisposant de facteurs anatomiques et infectieux. La durée d’évolution des symptômes avant la pose du diagnostic est de 6 ans en moyenne. Plus ce dernier sera tardif, plus la probabilité de se retrouver face à un carcinome hépatocellulaire est importante. Les examens complémentaires de choix afin de visualiser la membrane sont l’échographie abdominale et la cavographie. La tomodensitométrie permet de mettre en évidence les répercussions de l’obstruction sur le parenchyme hépatique. D’un point de vue thérapeutique, plusieurs études ont démontré que l’angioplastie possédait une excellente efficacité immédiate et tardive. Certaines techniques chirurgicales existent également, mais sont peu exploitées en raison du caractère non invasif et de la moindre morbi-mortalité du traitement endovasculaire.

L’apport du système FreeStyle Libre® dans la prise en charge du patient diabétique : expérience au CHU de Liège

Gernay MM , Philips JC , Radermecker RP , Paquot N

Rev Med Liege 2018, 73(11),562-569

Résumé : Depuis juillet 2016, les patients diabétiques inclus dans la convention d’auto-surveillance glycémique de l’INAMI en catégorie A en Belgique peuvent bénéficier d’un nouveau système de mesure de la concentration du glucose sous-cutané : le FreeStyle Libre® (FSL) de la société Abbott. L’avantage principal de cette technologie est qu’elle est moins invasive puisqu’elle ne nécessite pas de prélèvement sanguin et qu’elle permet aux patients d’obtenir, outre la valeur instantanée de la concentration de glucose, des données cinétiques rétrospectives, mais aussi une tendance prospective de son évolution. Dans cette étude rétrospective, nous avons évalué principalement l’apport du FSL sur l’équilibration du diabète et sur le temps passé en hypoglycémie. Nous avons également interrogé les patients sur leur degré de satisfaction vis-à-vis de ce système. Les données de 838 patients diabétiques (type 1 ou totalement insulinoprives) ont été collectées entre mai 2016 et octobre 2017, 645 patients porteurs du système FSL et 193 préférant poursuivre une auto-surveillance de la glycémie capillaire (ASG). On observe dans le groupe FSL, par rapport au groupe ASG, une légère diminution du taux d’HbA1c évaluée à 0,15 ± 0,073 % après 15 mois. Cette diminution apparaît principalement lorsque le niveau de départ est élevé (HbA1c > 7,5 %). Les patients porteurs du FSL réalisent en moyenne 8,8 contrôles quotidiens : plus les patients effectuent de scans journaliers, plus le nombre de données comprises dans la cible augmente, c’est-à-dire meilleur est l’équilibre glycémique. Un nombre plus élevé de scans est également associé à une diminution de la durée moyenne des hypoglycémies. Enfin, l’enquête de satisfaction démontre, dans l’ensemble, un haut degré de satisfaction des patients par rapport à l’usage du FSL.

Le concept d’exacerbation dans l’asthme et la BPCO : enquête sur les critères de prescription de corticoïdes systémiques et d’antibiotiques chez les généralistes et les pneumologues

Louis R , Ziant S , Duchesnes C , Giet D , Schleich F , Corhay JL

Rev Med Liege 2018, 73(11),570-574

Résumé : Les exacerbations dans l’asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont des événements importants qui rythment l’évolution clinique de ces deux maladies obstructives. Elles sont généralement définies par la nécessité d’un recours temporaire aux corticoïdes systémiques ou aux antibiotiques. Peu d’études se sont cependant penchées sur les critères précis qui motivaient les cliniciens à prescrire ces médications en cas de maladies obstructives déstabilisées. Nous rapportons ici les résultats d’une enquête menées auprès de médecins généralistes et de pneumologues sur les raisons précises de prescription de cure d’antibiotiques et de corticoïdes. Nos résultats concernant la prescription de corticoïdes systémiques montrent des divergences entre les deux groupes professionnels, mais aussi à l’intérieur d’un même groupe alors que les critères de prescription d’antibiotiques sont nettement plus cohérents entres les praticiens qu’ils soient généralistes ou pneumologues.

Atteintes osseuses des leucémies lymphoblastiques aiguës pédiatriques : expérience monocentrique et revue de la littérature

Pécheux L , Forget P , Geurten C , Rausin L , Nicolescu R , Hoyoux C

Rev Med Liege 2018, 73(11),575-582

Résumé : Des douleurs osseuses sont souvent présentes au diagnostic des leucémies lymphoblastiques aiguës (LLA) pédiatriques. Elles signent aussi parfois la présence de fracture pathologique, de lésions lytiques, d’arthrite, ou d’ostéite associées qui peuvent retarder le diagnostic. Lors des traitements, des complications osseuses (douleurs, ostéopénie, fracture, nécrose avasculaire, …) sont également rapportées. Afin de décrire les atteintes osseuses (AO) des LLA pédiatriques, nous avons revu les dossiers de 104 patients suivis dans notre unité. L’incidence globale des AO était de 67 %. Au diagnostic, 50 % des patients avaient une AO et, chez 19 % d’entre eux, le diagnostic de LLA a été retardé. Pendant et après les traitements, respectivement 28 et 37 % des patients ont présenté des complications osseuses (douleurs, fractures, nécrose avasculaire, ostéopénie). Les patients avec AO avaient une leucocytose plus basse < 10x109/l (p = 0,005) et une LLA de risque moyen (p = 0,019). Chez les patients avec AO pendant les traitements, 38 % avaient plus de 10 ans et 55 % étaient des filles (vs 21 % et 38 % dans la cohorte entière). L’ostéoporose était plus sévère au diagnostic que pendant les traitements, suggérant la présence de facteurs favorisants constitutionnels. Dans notre cohorte, la majorité des AO étaient résolues après les traitements de LLA sans séquelles à long terme.

Nouvelle stratégie de prise en charge de l’hypertension en 2018 proposée par les sociétés européennes de cardiologie et d’hypertension Quoi de neuf et quelles différences avec les nouvelles directives américaines présentées en 2017 ?

Xhignesse P , Krzesinski JM

Rev Med Liege 2018, 73(11),583-591

Résumé : De nouvelles directives européennes pour la prise en charge de l’hypertension artérielle (HTA) ont été publiées en septembre 2018, modifiant quelque peu celles de 2013 et venant en réponse à celles des Américains, présentées en 2017. Ces directives 2017 de la société américaine d’hypertension proposaient une nouvelle définition de l’hypertension artérielle (pression égale ou supérieure à 130/80 mmHg), une approche thérapeutique basée sur un risque cardiovasculaire calculé, et abaissaient les valeurs cibles proposées à < 130/80 mmHg chez quasi tous les patients hypertendus, même âgés de plus de 80 ans encore valides. Les directives européennes, par contre, maintiennent un seuil de définition de l’HTA non changé par rapport à 2013, à savoir une pression artérielle égale ou supérieure à 140/90 mmHg. Le diagnostic de l’HTA repose sur la mesure de pression au cabinet de consultation, mais aidée des mesures en dehors, à savoir l’automesure et/ou la mesure ambulatoire sur 24h. Par rapport à 2013, ces nouvelles directives européennes se rapprochent de celles américaines, pour la prise en charge, en (ré)insistant sur l’évaluation du risque cardiovasculaire pour décider d’un traitement médicamenteux, en plus des règles hygiéno-diététiques. La décision d’introduire un traitement médicamenteux est à prendre pour des pressions dans les valeurs dites normales hautes (130-139/85-89 mmHg) lorsque ce risque cardiovasculaire est fort élevé. Le patient âgé en bonne santé doit aussi bénéficier d’une prise en charge plus stricte. La cible de pression à atteindre recommandée est < 130/80 mmHg pour les patients de moins de 65 ans. Pour les sujets de plus de 65 ans, la cible de pression systolique est < 140 mmHg, mais doit rester > 120 mmHg. La pression diastolique doit être < 80 mmHg (et non plus seulement < 90 comme en 2013). Le traitement antihypertenseur à initier sera, pour la plupart des patients hypertendus, une combinaison de deux molécules différentes, si possible, rassemblées en un seul comprimé, ceci dans le but d’améliorer l’adhésion au traitement, point fort important à vérifier. Si la baisse de la pression résiste à trois médicaments dont un diurétique classique à bonne dose, la spironolactone doit être, si possible ajoutée, à faible dose. Par rapport à 2013, les approches invasives, par dénervation notamment, ne sont plus au goût du jour.

Comment j’explore... Une lésion hépatique focale par une échographie de contraste

Georgiopoulos A , Meunier P

Rev Med Liege 2018, 73(11),592-596

Résumé : Le diagnostic non invasif des lésions hépatiques focales repose habituellement sur l’échographie conventionnelle, la tomodensitométrie ou l’imagerie par résonance magnétique. L’échographie de contraste vient s’ajouter à l’arsenal des techniques d’imagerie disponibles et peut être utilisée dans la mise au point de ces lésions. Elle requiert l’utilisation de produits de contraste ultrasonores qui sont injectés en intraveineux. Ceux-ci présentent un excellent profil de sécurité et le caractère non irradiant de la technique est un avantage supplémentaire. De nombreuses publications illustrent la contribution et la place de l’échographie de contraste dans le bilan des lésions hépatiques focales. Elle est performante dans le diagnostic d’hémangiome, d’hyperplasie nodulaire focale et de stéatose hétérogène, et s’avère également contributive dans l’exploration des lésions malignes.

Centre hospitalier universitaire de Liège Revue Médicale de Liège depuis 1946
ISSN : 0370-629X et e-ISSN : 2566-1566
Rédacteur en chef : A.Scheen
Copyright : Revue Médicale de Liège 2002
Dernière modification : 15-11-2018
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