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RMLG - Accueil : Articles du numéro en cours
La Revue Médicale de Liège est un outil de formation médicale continue s'adressant tant aux généralistes qu'aux spécialistes et aux étudiants.

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Une décennie d'avancées thérapeutiques
2020 - volume 75 (5-6)

 
Editorial. Avancées thérapeutiques au cours de la décennie 2010-2020

Scheen AJ

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),273-275

Résumé non disponible

Le don d’organes en 2020

Detry O, Massion P, Ledoux D

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),276-279

Résumé : Le succès des transplantations a entraîné un besoin important en organes et la nécessité d’inscrire les patients candidats à la greffe sur de longues listes d’attente. De trop nombreux patients meurent avant d’avoir pu bénéficier de la transplantation, malgré le fait que la Belgique soit un des pays du monde où le taux de prélèvement est, proportionnellement, le plus élevé. Afin de lutter contre ce manque d’organes, les centres de transplantation ont élargi les critères de prélèvement des donneurs en mort cérébrale, tant au niveau de leur âge qu’au niveau de certaines maladies potentiellement transmissibles. De plus, des programmes de prélèvement à partir de donneurs en mort circulatoire ont également été développés avec succès, d’abord pour les reins et le foie, plus récemment pour le coeur. Les prélèvements d’organes sont également réalisables après euthanasie. L’ensemble de ces politiques fait que le taux de prélèvement d’organes après décès reste élevé en Belgique, et particulièrement dans la région liégeoise, mais des efforts doivent encore être réalisés si l’on veut encore réduire la mortalité en liste d’attente.

Evolution en chirurgie abdominale. Avancées techniques, collaboration intra et inter hospitalière

Kohnen L, Meurisse N, Decker E, Haumann A, Remacle G, Honore P, Hamoir E, Coimbra C, Detry O, De Roover A

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),280-285

Résumé : La dernière décennie a vu progresser l’approche mini-invasive dans tous les domaines de la chirurgie abdominale. Les améliorations technologiques permettent de réaliser des interventions toujours plus complexes en laparoscopie avec une sécurité accrue. La systématisation de la prise en charge pré-, per- et postopératoire, avec une adaptation des techniques de chirurgie, d’anesthésie et d’analgésie, et une implication du patient dans ce processus ont abouti à une réhabilitation accélérée. La centralisation de la chirurgie complexe de l’oesophage et du pancréas a permis de créer une structure de référence en chirurgie oncologique complexe au CHU de Liège grâce à une large collaboration interhospitalière régionale.

La réhabilitation améliorée après chirurgie colorectale

Hardy PY, Meunier A, Coimbra C, Decker E, Joris J

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),286-291

Résumé : La réhabilitation améliorée après chirurgie (RAC) colorectale est une prise en charge multidisciplinaire et multimodale, centrée sur le patient. La mise en place de mesures pré-, per- et postopératoires réduit la réponse au stress chirurgical, la réaction inflammatoire et leurs conséquences. Ce protocole de soins, basé sur des preuves scientifiques, permet une récupération améliorée et accélérée. L’incidence des complications médicales est, secondairement, réduite de 50 %. La réhabilitation améliorée se traduit par une diminution significative de la durée d’hospitalisation, une diminution des complications infectieuses et, probablement, par un impact positif sur la survie après chirurgie oncologique. Il n’y a pas de contre-indication à la RAC qui doit donc être proposée à tous les patients devant subir une chirurgie colorectale. Une adaptation du protocole sera néanmoins nécessaire en cas de chirurgie urgente.

Apport de l’approche moins invasive en chirurgie cardiovasculaire et thoracique

Bru?ls S, Kerzmann A, Durieux R, Quaniers J, Tchana-Sato V, Lavigne JP, Sakalihasan N, Radermecker MA, Desiron Q, Szecel D, Holemans C, Boesmans E, Defraigne JO

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),292-299

Résumé : Les pathologies cardiovasculaires et thoraciques, au sens large, sont de plus en plus fréquentes, vu l’augmentation de l’espérance de vie, mais elles sont aussi de mieux en mieux prises en charge. En effet, l’évolution de la chirurgie nous incite à développer des techniques de traitement ou de diagnostic moins agressives (mini-invasives) quoique techniquement plus complexes. Des pathologies qui nécessitaient, jusqu’à présent, des chirurgies lourdes se prennent en charge, aujourd’hui, de manière moins invasive et deviennent donc accessibles à des patients en moins bon état général ou de plus en plus âgés. Nous présentons ici notre expérience dans le développement de l’approche mini-invasive en chirurgie cardiovasculaire et thoracique.

Révolution thérapeutique dans le traitement des sténoses aortiques : remplacement valvulaire aortique par voie transcathéter (TAVI)

Lancellotti P, Nguyen Trung ML, Sprynger M, Lempereur M, Martinez C

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),300-303

Résumé : Dix-huit ans après la naissance du concept, le TAVI («Transcatheter Aortic Valve Implantation») s’est affirmé comme un traitement de choix chez les patients symptomatiques avec rétrécissement valvulaire aortique serré à haut risque chirurgical. Contrairement aux prothèses chirurgicales, dont le bénéfice a été validé dans des études observationnelles, les indications concernant le TAVI s’appuient, aujourd’hui, sur les résultats de larges essais randomisés. La révolution du TAVI continue encore actuellement avec la miniaturisation du matériel, le développement de nouveaux systèmes de fermeture, la disponibilité d’un plus large éventail de tailles de prothèse et l’expérience croissante des opérateurs, le tout contribuant à l’élargissement des indications aux patients à risque intermédiaire.

Révolution thérapeutique dans l’insuffisance cardiaque

Ancion A, Nguyen Trung ML, Tridetti J, Lancellotti P

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),304-309

Résumé : L’introduction du traitement de base de l’insuffisance cardiaque remonte à la fin des années 90. Depuis cette époque, à part quelques nouveautés réservées à certains patients, on ne retient que peu d’évolution. Pendant ces années, l’épidémiologie de la maladie a évolué. Le nombre de patients est en constante augmentation et le pronostic est, bien souvent, plus sombre que la plupart des pathologies oncologiques. Avec l’arrivée récente de l’association sacubitril/valsartan, Entresto®, une nouvelle classe thérapeutique est apparue. Elle a démontré une diminution significative de la mortalité et des hospitalisations dans l’insuffisance cardiaque à fonction altérée. Les bénéfices complémentaires à attendre de cette molécule sont toujours en cours d’évaluation. Un remodelage positif significatif semble être une réalité pour bon nombre de patients. Cette avancée spectaculaire n’est, cependant, pas la solution définitive. De plus, les patients insuffisants cardiaque à fonction préservée ne semblent pas tirer le même bénéfice de cette molécule. D’autres avancées sont en cours d’expertise. Le sacubitril/valsartan est la première révolution, peut-être, d’une longue série.

Anticoagulants oraux directs. Avancée thérapeutique de la décennie

Sprynger M, Lancellotti P

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),310-315

Résumé : Ces 10 dernières années, l’arrivée des anticoagulants oraux directs (AODs) a révolutionné la prise en charge de la fibrillation auriculaire et de la maladie thromboembolique veineuse (MTEV). Par rapport aux antivitamines K, les AODs comptent plusieurs avantages : des posologies standardisées ne nécessitant pas de monitoring, une action rapide, une courte durée d’action, l’absence d’interaction alimentaire et un moindre risque d’hémorragie intracrânienne. Outre la MTEV et la fibrillation auriculaire, les AODs ont comme indication la prévention de la MTEV post-chirurgie orthopédique et, depuis peu, celle d’événements cardiovasculaires chez les coronariens stables et les patients souffrant d’artériopathie périphérique. Les AODs doivent, toutefois, être manipulés avec prudence : respect strict des schémas posologiques et des contre-indications, connaissance des interactions médicamenteuses. Dans un avenir proche, d’autres anticoagulants vont probablement élargir l’arsenal thérapeutique. Quelles seront leurs indications ? L’avenir nous le dira.

Les changements de paradigme dans le traitement des thromboses veineuses des membres inférieurs : on avance ou on recule ?

Dondelinger RF

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),316-321

Résumé : Les traitements radiologiques du syndrome post-thrombotique (SPT) des obstructions veineuses des membres inférieurs sont décrits. Les résultats obtenus au fil de leur développement technique sont discutés.

Hémophilie : une maladie en marche

Péters P, Gothot A

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),322-328

Résumé : Depuis un siècle, le traitement de l’hémophilie a considérablement évolué. À ce jour, son principe est toujours de prévenir la survenue d’hémorragies par injections intraveineuses régulières de concentré de facteur VIII ou IX. Il permet d’atteindre une espérance de vie similaire à la population générale. La qualité de vie est en constante amélioration, malgré la contrainte imposée par les modalités et la fréquence des injections. La complication principale reste le développement d’anticorps inhibant les facteurs administrés. Des concentrés de facteurs à action prolongée sont, maintenant, disponibles et permettent, notamment, de limiter la fréquence des injections. Un anticorps monoclonal bispécifique reproduisant l’action du facteur VIII et injectable par voie sous-cutanée est, depuis peu, à la disposition des patients hémophiles A, avec l’avantage d’être efficace même en présence d’inhibiteurs. D’autres produits non substitutifs sont à l’étude offrant des pistes intéressantes. Enfin, la thérapie génique montre des résultats prometteurs, laissant espérer un accès à cette option thérapeutique dans un futur relativement proche. Ces avancées sont cependant un défi pour les laboratoires d’analyse qui doivent adapter leurs techniques de mesure pour assurer un suivi optimal. Le futur est en marche pour l’hémophilie. Le traitement reste coûteux, mais il en vaut le prix.

Nouveautés dans la prise en charge de l’hypertension artérielle dans la dernière décennie

Krzesinski JM, Saint-Remy A

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),329-335

Résumé : L’hypertension artérielle reste un des facteurs de risque cardiovasculaire les plus fréquemment rencontrés. Malgré de très nombreux efforts, le contrôle de cette élévation de pression artérielle reste insuffisant. Ces dernières années, à défaut de nouveaux médicaments, une réflexion a été menée pour améliorer l’efficacité de la prise en charge en validant le caractère réel de l’hypertension, en stimulant l’automesure tensionnelle, en améliorant l’éducation thérapeutique et en donnant des consignes simples et claires pour mieux contrôler ce tueur silencieux toujours très présent. En Europe, nous avons conservé les cibles de pression artérielle classiques, c’est-à-dire descendre la pression en-dessous de 140/90 mmHg. On peut cependant tenter de descendre plus bas si le patient le tolère. Le traitement passe par une évaluation du risque cardiovasculaire et associe, assez vite, deux molécules antihypertensives, si possible dans un seul comprimé. Il faut s’entourer aussi de l’aide de la famille, d’infirmières, du pharmacien pour augmenter les chances d’un meilleur contrôle de pression artérielle, gage d’une protection cardiovasculaire optimale.

Nouveautés thérapeutiques en néphrologie : 10 ans d’avancées

Bovy C, Delanaye P, Jouret F, Krzesinski JM

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),336-343

Résumé : L’insuffisance rénale chronique (IRC) altère la qualité de vie, expose à une morbi-mortalité cardiovasculaire majorée, et peut conduire à la dialyse chronique et/ ou la transplantation rénale. Tout progrès qui freinerait le développement et la progression de cette IRC est le bienvenu. Au cours de ces dernières années, une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques de certaines maladies glomérulaires a permis l’utilisation d’un traitement plus ciblé, le rituximab, qui apporte une nouvelle option dans des situations difficiles. Des progrès ont également été faits dans la compréhension des mécanismes expliquant la perte de fonction rénale chez le patient atteint de polykystose rénale autosomique dominante, la maladie rénale génétique la plus fréquente. Les études cliniques ont permis de démontrer la néphro-protection du tolvaptan, un antagoniste des récepteurs V2 de l’hormone antidiurétique. Dans le domaine du diabète de type 2, première cause mondiale de prise en charge en dialyse, l’avènement des gliflozines (inhibiteurs de la réabsorption tubulaire rénale de glucose et de sodium) a été une réelle révolution thérapeutique pour freiner l’évolution de l’insuffisance rénale chronique et limiter le risque cardiovasculaire (surtout la décompensation cardiaque) de ces patients. Enfin, une meilleure estimation de la fonction rénale a permis de mieux situer le patient dans sa vitesse de progression à travers les différents stades de l’IRC. Ce faisant, la gestion des anomalies métaboliques rencontrées au cours de celle-ci, telles qu’anémie, hyperkaliémie, acidose, troubles du métabolisme phosphocalcique, s’est améliorée. Cette revue fait état des avancées majeures dans le domaine du diagnostic de l’IRC et de ses traitements et envisage le futur de la néphrologie dans les 10 prochaines années.

L’hypertension (artérielle) pulmonaire : l’apport des nouveaux vasodilatateurs artériels pulmonaires

Guiot J, Cornia O, Louis R

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),344-349

Résumé : L’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) est une maladie rare, caractérisée par une majoration progressive de la pression artérielle pulmonaire. La prise en charge thérapeutique des patients en HTAP a fortement évolué dans les dernières décennies suite à l’apparition de nouvelles thérapeutiques spécifiques, mais également grâce à la réalisation de multiples études cliniques dans une pathologie par ailleurs rare. De ce fait, les prises en charge sont très bien codifiées et permettent de traiter, au mieux, l’ensemble des patients. A ce jour, nous pouvons citer quatre familles thérapeutiques : les antagonistes des récepteurs à l’endothéline (ERA), les médicaments interférant avec la voie de la guanosine monophosphate cyclique (GMPc) tels que les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5i) ou le stimulateur de la guanylate cyclase soluble, les analogues aux prostacyclines, et, enfin, les antagonistes calciques. L’approche thérapeutique, anciennement séquentielle associant progressivement plusieurs thérapeutiques, s’est avérée insuffisante au profit d’une approche thérapeutique agressive et rapidement progressive, permettant d’améliorer fortement la morbi-mortalité des patients. Dans ce contexte, une prise en charge précoce reste l’attitude la plus appropriée et justifie un recours, dès les premiers symptômes, à un centre de compétence.

Une décennie d’avancées dans l’asthme : l’apport des biothérapies

Schleich F , Frix AN , Paulus V , Guissard F , Sanchez CE , Henket ME , Louis R

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),350-355

Résumé : L’asthme est une maladie hétérogène chronique des voies aériennes. Il existe, en effet, différents phénotypes inflammatoires d’asthme induisant une réponse variable aux traitements et différents degrés de sévérité. Lorsque l’asthme est sévère et requiert le recours aux corticostéroïdes systémiques ou à des hospitalisations malgré un traitement de fond maximal chez un patient asthmatique bon observant dont les comorbidités ont été prises en charge, le pneumologue peut proposer un traitement biologique en vue de réduire les exacerbations et la dose de corticostéroïdes systémiques. Au cours des dix dernières années, les traitements biologiques dans la prise en charge de l’asthme sévère de type 2 se sont étoffés. A côté du traitement par anti-IgE (omalizumab), disponible depuis plus de 10 ans et recommandé dans l’asthme sévère extrinsèque, d’autres traitements bloquant l’IL-5 (mépolizumab, reslizumab) ou son récepteur (benralizumab) ont vu le jour. Ces traitements permettent une réduction des exacerbations et de la dose de corticostéroïdes systémiques, une amélioration du contrôle, des paramètres de qualité de vie et, pour certains d’entre eux, de la fonction respiratoire. D’autres traitements ciblés prometteurs seront bientôt disponibles en Belgique. En plus d’améliorer le contrôle symptomatique des patients asthmatiques sévères, les traitements biologiques ont permis de mieux comprendre les mécanismes conduisant au développement d’un asthme sévère.

Dix ans d’avancées en infectiologie : SIDA/HIV, vers l’arrêt de la transmission

Struvay S, Plum PE, Pirard C, Meuris C, Sauvage AS

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),356-361

Résumé : Afin d’endiguer l’épidémie du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA), il faut contrôler les nouvelles acquisitions. Cette prévention peut être divisée en quatre axes en fonction du risque d’exposition au virus d’immunodéficience humaine (VIH). Lors de la dernière décennie, de nouvelles stratégies de prévention, soutenues par diverse études, ont vu le jour. Celles-ci sont efficaces à condition d’être utilisées de façon combinée. Certaines ne sont pas dénuées de risque, voire controversées par certains auteurs.

Les dérivés combinés de l’artémisinine : une avancée thérapeutique dans le contrôle du paludisme non compliqué à Plasmodium falciparum

Pirard C, Léonard P, Plum PE, Struvay S, Moutschen M

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),362-365

Résumé : Le paludisme représente un problème majeur en termes de santé publique mondiale et l’on décèle une augmentation du nombre de cas d’importation en Europe au cours des dix dernières années. Suite au constat alarmant faisant état de phénomènes de résistance aux anciens anti-paludéens et grâce aux recherches activement menées, de nouveaux traitements extrêmement efficaces ont été développés au début du XXIème siècle. Il s’agit de l’artémisinine et de ses dérivés. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande depuis 2006 l’utilisation en première intention de dérivés semi-synthétiques combinés de l’artémisinine (ACT) dans le traitement des formes non sévères de paludisme à Plasmodium falciparum. Toutefois, des phénomènes de résistance partielle aux ACT sont décrits en Asie du sud-est depuis 2009. Il est donc nécessaire de les utiliser de manière judicieuse et de majorer la surveillance par le biais de programmes de monitoring standardisés afin de maintenir leur efficacité sur le long terme.

Hépatite C en 2020 : de la victoire thérapeutique sur le virus C aux efforts de dépistage

Warling O, Delwaide J

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),366-368

Résumé : Le traitement de l’hépatite C a été révolutionné par l’arrivée sur le marché de nouveaux antiviraux en 2015. La guérison sous traitement passe à plus de 95 %, quels que soient le génotype et le degré de fibrose. Vu l’excellent profil de sécurité de ces médicaments, tous les patients peuvent avoir accès au traitement, quelles que soient leurs pathologies associées. La victoire thérapeutique contre le virus C étant acquise, l’effort se tourne vers le dépistage des patients non encore détectés, de façon à obtenir une quasi-éradication du virus C en 2030.

Une révolution thérapeutique en rhumatologie : oui, mais…

Malaise MG, Chapelier N, Dewael T, Leonori L, Leroy M, Mailleux E, André B, Halleux S, Kaiser MJ, Malaise O, Ribbens C, Rinkin C, von Frenckell C, Volders A

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),369-375

Résumé : La recherche clinique médicamenteuse est une activité importante dans un hôpital universitaire. Elle valide des nouveautés thérapeutiques et fait bénéficier les patients de traitements novateurs bien avant leur mise sur le marché. La rhumatologie est une discipline dont l’arsenal thérapeutique était pauvre dans les années 1980, et les immenses progrès de l’immunologie, réalisés entre 1980 et 1995, lui ont permis de vivre une véritable révolution thérapeutique à laquelle notre service a amplement participé. C’est en 1997 que les premiers traitements par anticorps monoclonaux anti-TNF-? (les traitements dits biologiques) ont été utilisés au CHU de Liège. Soixante et une études seront initiées dans la polyarthrite rhumatoïde, 12 dans la spondylarthrite ankylosante, 10 dans la polyarthrite psoriasique, 9 dans le lupus érythémateux disséminé, 3 dans l’artérite temporale de Horton, une dans la pseudopolyarthrite rhizomélique, une dans la sclérodermie, 5 dans l’arthrose, 4 dans l’ostéoporose. Les espoirs et les déceptions observées dans les différentes indications, et avec les différentes molécules, sont analysées. Le bilan est globalement positif, mais les résultats encore insuffisants que pour arriver au concept de rémission.

Les traitements actuels du psoriasis : de l’étanercept aux antagonistes anti-IL17 et -IL23

Libon F, Lebas E, El Hayderi L, De Schaetzen V, Dezfoulian B, Nikkels AF

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),376-381

Résumé : Le psoriasis est une maladie chronique inflammatoire cutanée qui affecte environ 2 à 3 % de la population. Le spectre varie d’une atteinte limitée aux coudes et genoux jusqu’à l’érythrodermie psoriasique. L’impact sur la qualité de vie, le prurit, les douleurs des atteintes palmo-plantaires, l’atteinte articulaire et les comorbidités constituent les plaintes majeures des patients. La prise en charge repose sur des traitements locaux à base de dermocorticoïdes, avec ou sans dérivés de vitamine D, la photothérapie UVA ou UVB, les traitements conventionnels comme le méthotrexate, la ciclosporine et l’acitrétine, et, depuis une bonne dizaine d’années, les traitements biologiques. Les traitements biologiques pour les psoriasis modérés à sévères ont spectaculairement progressé avec, à chaque avancée, de meilleurs résultats thérapeutiques et des profils de sécurité de plus en plus sûrs. Cet article discute des avancées des traitements biologiques du psoriasis en démarrant avec les antagonistes du TNF? comme l’étanercept, l’adalimumab et l’infliximab, jusqu’aux derniers arrivés, les antagonistes anti-IL17 et anti-IL 23, les anti-PDE-4 et les inhibiteurs JAK.

Actualités thérapeutiques dans la sclérose en plaques

Dive D, Dauby S, Lommers E, Hansen I, Maquet P

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),382-385

Résumé : La sclérose en plaques (SEP) reste une maladie grave du système nerveux central (SNC), potentiellement responsable d’un handicap, physique ou non, à moyen et long termes, chez des adultes jeunes. Les progrès thérapeutiques au cours des dernières années ont été considérables grâce à l’avènement de nouvelles molécules, mais aussi, et peut-être surtout, de schémas thérapeutiques nettement plus performants. Les progrès des connaissances en immunologie ont eu un impact majeur dans ce domaine. La prise en charge précoce des patients au sein d’unités intégrées et multidisciplinaires est une étape essentielle qui permet de guider l’utilisation rationnelle des médicaments. L’obtention d’une stabilité clinique et neuroradiologique est un défi qui est, de plus en plus souvent, relevé avec un bénéfice majeur pour les patients.

Une décennie d’avancées dans la prise en charge des dyslipidémies

Wallemacq C, Paquot N

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),386-391

Résumé : Au cours des 10 dernières années, les méta-analyses concernant les statines, les essais cliniques randomisés utilisant l’ézétimibe et les anticorps anti-PCSK9 ainsi que les études de randomisation mendélienne ont renforcé le rôle central et causal du cholestérol LDL (LDL-c) dans le développement des maladies cardiovasculaires. Les valeurs cibles de LDL-c ont été abaissées progressivement et, à ce jour, il n’y a pas de valeur seuil de LDL-c en dessous de laquelle le bénéfice de la réduction disparaît. La réduction du risque cardiovasculaire est proportionnelle à la réduction absolue de la concentration du LDL-c, indépendamment du moyen par lequel cette diminution est obtenue. Ces données ont mené à la formulation de nouvelles recommandations dans la prise en charge des dyslipidémies portant, notamment, sur un abaissement de la cible de LDL-c et sur l’utilisation complémentaire, si nécessaire, de l’ézétimibe et des anticorps anti-PCSK9 en sus du traitement par statines.

Une révolution dans le traitement du diabète de type 2 : des antidiabétiques dotés d’une protection cardio-rénale indépendamment du contrôle glycémique !

Scheen AJ, Paquot N

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),392-398

Résumé : Le diabète de type 2 est une maladie complexe dont la prévalence est en constante augmentation et qui est grevée d’une morbi-mortalité importante, essentiellement suite à des complications cardiovasculaires et rénales. Les médicaments anti-hyperglycémiants classiques (metformine, sulfamides) ont peu d’effets protecteurs sur ces complications si bien que l’accent a surtout été placé sur une prise en charge multifactorielle ciblant tous les facteurs de risque. Les gliptines offrent l’avantage d’un excellent profil de tolérance avec l’absence d’hypoglycémies et de prise pondérale, mais n’ont pas démontré de protection cardio-rénale spécifique. Depuis une dizaine d’années, les praticiens disposent de nouveaux médicaments antidiabétiques (agonistes des récepteurs du glucagon-like peptide-1 et gliflozines) qui ont apporté la preuve d’une protection cardiovasculaire et rénale, indépendamment de l’amélioration du contrôle glycémique. Ces données de médecine factuelle ont révolutionné l’approche thérapeutique des patients diabétiques de type 2 à risque de maladie athéromateuse, d’insuffisance cardiaque et de progression de l’insuffisance rénale. De façon inattendue, l’effet protecteur des gliflozines est actuellement étudié chez des patients avec insuffisance cardiaque ou maladie rénale en l’absence de diabète.

Avancées thérapeutiques et technologiques dans la prise en charge du patient diabétique de type 1 adulte

Radermecker RP, Philips JC

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),399-405

Résumé : La prise en charge du diabète de type 1 reste un challenge. En effet, de nombreux paramètres peuvent influencer la glycémie. Face à ce défi, ces dernières années ont vu l’émergence de différentes avancées. Celles-ci concernent à la fois les thérapeutiques mais également les techniques dédiées à la prise en charge du diabète de type 1. Parmi les avancées thérapeutiques, les principales concernent l’amélioration des propriétés pharmacocinétiques et pharmacodynamiques des insulines. En outre, certaines autres classes de médicaments méritent d’être envisagées, comme les gliflozines notamment. A côté de ces progrès, l’aspect technologique de la prise en charge ne cesse de s’améliorer. Les pompes à perfusion continue d’insuline offrent de nombreuses nouvelles possibilités. La mesure (semi)-continue du glucose a clairement révolutionné l’approche envisagée. Le couplage de cette mesure continue du glucose à certains types de pompes à insuline permet d’offrir à des patients sélectionnés de bénéficier de pancréas artificiel hybride. Cet article aborde les avancées de cette dernière décennie dans la prise en charge des personnes adultes diabétiques de type 1.

Progrès technologiques et nouveautés en insulinothérapie au cours de la dernière décennie chez l’enfant et l’adolescent diabétiques

Fudvoye J, Parent AS, Lebrethon MC

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),406-409

Résumé : Au cours de ces dernières années, les nouvelles avancées technologiques et thérapeutiques ont marqué la prise en charge du diabète de l’enfant et de l’adolescent amenant ainsi à définir de nouveaux objectifs thérapeutiques.

Avancées thérapeutiques et évolution vers une médecine personnalisée pour les patients atteints de mucoviscidose

Boboli H , Pirson J , Kempenners C , Seghaye MC

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),410-414

Résumé : La mucoviscidose est une maladie génétique responsable de la production d’une protéine transmembranaire défectueuse. Au cours des dernières années, se sont développés des traitements modulateurs ciblant les défauts spécifiques de la protéine causés par les mutations du gène CFTR. Les résultats sur les biomarqueurs de la fonction de la protéine CFTR et sur les paramètres cliniques sont très encourageants. Cependant, une hétérogénéité individuelle dans la réponse aux modulateurs est observée. De plus, les essais cliniques se focalisent sur les mutations les plus fréquentes du gène, en particulier DF508. Les organoïdes intestinaux, un nouveau modèle d’étude ex vivo, pourraient offrir une approche rapide pour majorer l’accès à un traitement efficace à tous les patients, quel que soit leur génotype CFTR. Les tests in vitro sur les organoïdes rendent possible l’évolution vers une médecine personnalisée pour les patients atteints de mucoviscidose.

Actualités thérapeutiques en néonatologie

Hennuy N, Lefebvre C, de Halleux V, Snyers D, Tribolet S, Viellevoye R, Rigo V

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),415-419

Résumé : Dans cet article, nous allons passer en revue les grandes avancées thérapeutiques dans le domaine de la néonatologie au cours des dix dernières années. Nous traiterons de l’administration anténatale du sulfate de magnésium, de l’intérêt de l’hypothermie contrôlée dans le cadre de l’encéphalopathie d’origine hypoxo-ischémique, des bénéfices et modalités de la transfusion placentaire, des techniques moins invasives pour la ventilation et pour l’administration du surfactant, de la fortification du lait maternel et du concept de soins de développement. Ces avancées thérapeutiques reposent tantôt sur des nouveautés thérapeutiques, tantôt sur de nouveaux concepts et, parfois, sur de nouvelles techniques moins invasives. Elles ont permis d’optimiser la prise en charge des prématurés, mais aussi des nouveau-nés à terme.

Actualités thérapeutiques dans les erreurs innées du métabolisme

Debray FG, Weekers L, Dadoumont C, Grandjean C, Deberg M, Boemer F, Bours V

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),420-425

Résumé : Les erreurs innées du métabolisme (EIM) représentent un groupe de conditions génétiques associées à une déficience enzymatique causant une accumulation du substrat en amont de la réaction et une déficience du produit en aval. Pendant des décennies, la pierre angulaire du traitement de ces affections a été basée sur des régimes drastiquement restrictifs. Ces manipulations diététiques extrêmes sont encore aujourd’hui d’actualité, mais l’arsenal thérapeutique s’est considérablement élargi ces dernières années, basé sur de meilleures connaissances physiopathologiques et sur des progrès technologiques et pharmacologiques. Dans cet article, nous résumons les différentes stratégies et nouveautés thérapeutiques dans le domaine des erreurs innées du métabolisme.

Approches thérapeutiques innovantes en psychiatrie : neuromodulation Pour qui ? Pour quoi ? Comment ?

Scantamburlo G, Salado AL

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),426-431

Résumé : Des avancées technologiques récentes ont vu la reprise ou l’avènement de nouvelles approches dans le champ de la psychiatrie, telles que l’électroconvulsivothérapie, la stimulation magnétique transcrânienne répétée, la stimulation électrique transcrânienne à courant continu, ou encore, la stimulation cérébrale profonde. En parallèle, ces nouvelles approches offrent une fenêtre neurobiologique sur les mécanismes liés aux maladies mentales. Cet article synthétise les connaissances actuelles dans le domaine et les futures directions pour le traitement de la dépression et du trouble obsessionnel compulsif.

Actualités dans la rétinopathie diabétique

Rigo S, Duchâteau E, Rakic JM

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),432-439

Résumé : La rétinopathie diabétique est un problème de santé publique et est la première cause mondiale de cécité dans les pays industrialisés. Les dernières années ont été marquées par des progrès dans le diagnostic, la compréhension de la physiopathologie et le traitement de la rétinopathie diabétique, notamment avec l’introduction des traitements visant à réduire l’angiogenèse rétinienne. Cet article passe en revue les dernières avancées dans ces domaines, l’algorithme thérapeutique appliqué actuellement et les perspectives futures.

L’évolution des traitements de l’adénome prostatique au cours des 10 dernières années

Triffaux F, Waltregny D, Nechifor V

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),440-444

Résumé : L’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est une pathologie extrêmement fréquente, favorisée par le vieillissement et dont les manifestations cliniques peuvent être très variées. Un traitement n’est nécessaire que lorsque le patient se plaint de symptômes secondaires à l’HBP ou souffre de ses complications. Ces 10 dernières années, les traitements de l’adénome prostatique ont évolué de manière importante. De nouvelles molécules ainsi que de nouvelles associations (de molécules connues ayant déjà prouvé leur efficacité) se sont ajoutées au traitement médical. Le traitement chirurgical, quant à lui, a été significativement marqué par le développement des techniques mini-invasives, aux indications plus larges et aux meilleurs résultats. Parmi ces techniques, la plus développée et étudiée, est la technique d’énucléation endoscopique de la prostate à l’aide du laser Holmium (HoLEP). Le développement des lasers à usage médical ainsi que la recherche de nouvelles techniques chirurgicales mini-invasives ouvrent la voie à une prochaine décennie riche en innovations thérapeutiques pour la prise en charge chirurgicale des adénomes prostatiques.

Innovations en médecine physique et réadaptation

Bethlen S, Bornheim S, Delvaux F, Marquet L, Pelzer D, Neuprez A, Lecart MP, Maertens B, Wang FC, Tomasella M, Croisier JL, Servais D, Gobels C, Kaux JF

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),445-451

Résumé : Au cours de la dernière décennie, la Médecine Physique et Réadaptation (MPR) est une spécialité médicale qui a fortement évolué dans les différents domaines qui la concernent : de la prise en charge des lombalgies et lombosciatalgies ou encore de l’ostéoporose de manière pluridisciplinaire, en passant par l’utilisation des nouvelles technologies en rééducation neuro-locomotrice et de la robotisation en rééducation, chez les patients amputés par exemple, le développement de la médecine à vocation régénérative et la prévention en traumatologie du sport et, enfin, les progrès des techniques d’électrophysiologie pour le diagnostic des neuropathies à petites fibres. Ces différentes avancées seront abordées dans cet article.

Une approche pluridisciplinaire pour l’accélération des traitements en orthodontie

Charavet C, Lambert F

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),452-456

Résumé : La demande des patients adultes pour entreprendre des traitements orthodontiques est en augmentation constante; cependant, la longueur des traitements reste souvent un frein. Dès lors, plusieurs techniques chirurgicales et non chirurgicales ont été mises au point afin de réduire le temps de traitement orthodontique. Deux études cliniques contrôlées randomisées, réalisées au sein de notre hôpital universitaire, ont démontré que la technique de piézocision - corticotomies minimalement invasives - permet de réduire jusqu’à 43 % le temps de traitement orthodontique - au cours des 4 à 6 mois après l’intervention - et ce, sans effets secondaires tant sur le plan clinique que radiologique. De plus, l’utilisation d’un système orthodontique customisé - employant des attaches et des arcs sur mesure - permet d’optimiser l’accélération du déplacement dentaire dans la phase de finition du traitement orthodontique. Finalement, la combinaison des deux techniques est donc pertinente pour maximaliser la réduction du temps de traitement en orthodontie. Par ailleurs, sur le plan fondamental, nous avons étudié, dans des essais précliniques chez le rat, les phénomènes biologiques sous-jacents à la piézocision à savoir une déminéralisation osseuse et un recrutement d’ostéoclastes plus important associés à une expression prédominante du duo RANKL-OPG.

La chromatographie liquide couplée à un spectromètre de masse en tandem (LC-MS/MS) : une révolution dans le laboratoire de chimie clinique

Cavalier E, Le Goff C

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),457-459

Résumé : Les laboratoires de biologie clinique réalisent, depuis de très nombreuses années, des dosages de différentes molécules (hormones, peptides, stéroïdes,…) grâce à des méthodes analytiques utilisant des anticorps. Ces méthodes, faciles à utiliser sont, pour la plupart d’entre elles, totalement automatisables. Cependant, ces méthodes dites «immunologiques» manquent parfois de sensibilité et surtout de spécificité. Durant cette dernière décennie, la spectrométrie de masse en tandem couplée à la chromatographie liquide (LC-MS/MS) s’est de plus en plus imposée dans les laboratoires de chimie clinique comme une alternative aux immunodosages. En effet, cette technique permet de séparer et de quantifier avec précision des molécules dont la structure est proche et qui ne sont pas bien différenciées avec des immunodosages. Aussi, la sensibilité de la LC-MS/MS peut être également supérieure à celle des immunodosages. Par contre, ce type de technologie demande du matériel de pointe assez coûteux et un personnel hautement qualifié.

Nouvelles cibles et perspectives thérapeutiques. Vers une médecine de précision

Hanson J

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),460-465

Résumé : Une cible thérapeutique est l’entité biochimique grâce à laquelle les substances actives des médicaments exercent leurs effets bénéfiques. Historiquement, la plupart des médicaments ont été utilisés sans que l’on connaisse leur mécanisme d’action. La conception rationnelle de thérapies créées pour agir spécifiquement sur une cible définie à l’avance s’est développée au cours de la seconde moitié du XXème siècle. Les progrès de la génomique ont accéléré la découverte de plusieurs cibles impliquées dans de nombreuses pathologies. Au cours de la période récente, on constate également une diversification de la nature des cibles sur lesquelles agissent les médicaments. Généralement, les protéines contre lesquelles était dirigé l’arsenal thérapeutique appartenaient majoritairement aux familles des récepteurs membranaires (récepteurs couplés aux protéines G, canaux ioniques,…), des récepteurs nucléaires ou bien des enzymes. Les avancées technologiques dans le domaine des anticorps thérapeutiques et des biotechnologies permettent, à présent, de diriger des agents thérapeutiques vers des macromolécules jugées inutilisables auparavant. Dans cet article, nous passons en revue ces tendances illustrées par différents exemples, dans le domaine, notamment, des anticancéreux, des hypolipidémiants, de la thérapie génique ou antisens.

Evolution des thérapies anti-cancéreuses systémiques

Poncin A, Jerusalem G

Rev Med Liege 2020, 75(5-6),466-472

Résumé : Avant l’avènement de la chimiothérapie dans les années 1940, le traitement du cancer était dominé par la chirurgie et la radiothérapie. Il a fallu attendre les années 2000 pour voir apparaître le développement des thérapies anti-cancéreuses ciblées, puis de l’immunothérapie. Ces traitements systémiques ont fortement modifié la prise en charge des patients en oncologie et, en particulier, au stade métastatique. Nous dressons ici un historique de ces avancées.

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ISSN : 0370-629X et e-ISSN : 2566-1566
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Dernière modification : 04-06-2020
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