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Oncologie: de la recherche à la clinique
2021 - volume 76 (5-6)

 
Éditorial. L’oncologie, à un tournant de son histoire

Scheen AJ , Beguin Y , Jerusalem G

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),297-299

L’Institut de Cancérologie Arsène Burny (ICAB) et son nouveau bâtiment du Centre Intégré d’Oncologie (CIO) au CHU de Liège

Beguin Y

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),300-306

Résumé : L’Institut de Cancérologie Arsène Burny (ICAB) du CHU de Liège est le centre médical universitaire de référence, ouvert sur son environnement, consacré à la prise en charge du cancer. Transversalité, expertise universitaire, qualité des soins et liens directs avec la recherche sont au coeur de cette réalisation ambitieuse qui est bien plus qu’un bâtiment. Le Centre Intégré d’Oncologie (CIO) est le nouveau bâtiment de l’ICAB, dédié à la prise en charge ambulatoire du cancer et à des plateaux techniques de haute performance comme la radiothérapie avec son Cyberknife, l’imagerie oncologique avec sa radiopharmacie, le Laboratoire de Thérapie Cellulaire et Génique, la Biothèque Hospitalo-Universitaire de Liège, ou encore les laboratoires réunis au sein de l’Unilab. L’hospitalisation, quant à elle, reste dans les tours existantes du CHU.

De la recherche fondamentale à la recherche translationnelle en oncologie

Burny A

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),307-310

Résumé : Cet article insiste sur l’importance de la recherche fondamentale et de la recherche translationnelle en oncologie, et sur la complémentarité de ces deux approches qui ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques en clinique.

La contribution de Télévie et de la Fondation Léon Fredericq à la recherche fondamentale en cancérologie à Liège

Boniver J

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),311-320

Résumé : Le Télévie et la Fondation Léon Fredericq soutiennent de nombreux projets de recherche cancérologique au CHU de Liège et à l’ULiège. Cet article résume quelques projets de recherche qui concernent une meilleure connaissance des mécanismes fondamentaux qui sous-tendent la formation des cancers, des moyens de défense de l’organisme contre ces maladies, des caractéristiques particulières de quelques types de cancers et, enfin, de stratégies visant à améliorer la qualité de vie des patientes cancéreuses en leur rendant la fertilité menacée par les traitements anti-cancéreux.

Apport du «GIGA-Cancer» de l’ULiège à la recherche sur le microenvironnement tumoral

Noël A , Gilles C , Sounni NE , Cataldo D , Colige A

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),321-326

Résumé : L’évolution de la pathologie cancéreuse est dictée par les caractéristiques intrinsèques des cellules malignes, mais également par les multiples interactions dynamiques et réciproques qu’elles établissent avec leur environnement tissulaire et cellulaire. Ce microenvironnement tumoral est donc l’objet d’une part sans cesse croissante des recherches en cancérologie. Celles-ci ont, notamment, mis en lumière la plasticité de fonction de ces cellules non malignes et la diversité de leurs impacts sur l’évolution de la maladie, tant dans les tumeurs primaires que lors de la formation des métastases. L’amélioration des traitements actuels et la mise au point de traitements novateurs nécessiteront donc l’identification fine de ces sous-populations cellulaires «alliées» ou «ennemies» des cellules cancéreuses agressives, ainsi qu’une compréhension accrue des mécanismes modulant leurs phénotypes. Cet article résume quelques projets de recherche menés dans deux laboratoires du GIGA-Cancer, soutenus notamment par Télévie et la Fondation Léon Fredericq.

Hérédité et cancer

Docampo E , Martin M , Gangolf M , Harvengt J , Bulk S , Segers K , Leroi N , Lete C , Palmariciotti V , Freire Chadrina V , Lambert F , Bours V

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),327-336

Résumé : Une histoire personnelle ou familiale de cancer est aujourd’hui devenue la première cause de consultation en génétique. Au cours de ces dernières années, en effet, différents gènes associés à une prédisposition génétique plus ou moins marquée au développement de pathologies cancéreuses ont été identifiés. Le syndrome de prédisposition héréditaire au cancer du sein et de l’ovaire (HBOC : Hereditary Breast and/or Ovarian Cancer) et le syndrome de Lynch sont les plus fréquents. Mais il existe une multitude d’autres situations beaucoup moins fréquentes associées à un risque familial de cancer. Dans la plupart des cas, des recommandations claires existent quant à l’indication des tests génétiques et quant au suivi proposé au patient chez qui une prédisposition au cancer est identifiée. Au CHU de Liège, nous réalisons actuellement plus de 1.400 consultations d’oncogénétique par an et nous maintenons un taux de positivité des tests génétiques réalisés dans cette indication supérieur à 10 %. De cette façon, nous permettons une prise en charge multidisciplinaire des patients avec un haut risque oncologique et participons à une activité de prévention et de surveillance. Nous portons une attention croissante aux enfants et adolescents présentant un cancer, d’une part, et aux adultes ayant présenté de multiples cancers, d’autre part, particulièrement lorsque ceux-ci se développent à un âge précoce. Enfin, la consultation d’oncogénétique doit tenir compte des aspects psychologiques, éthiques et légaux, liés à un diagnostic qui implique le patient et son avenir, mais également l’ensemble de la famille.

Environnement et cancer : pas facile de disséquer l’exposome !

Scheen AJ

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),337-343

Résumé : L’environnement contient de nombreuses substances potentiellement toxiques dont certaines ont démontré un effet cancérigène. Elles peuvent atteindre l’organisme humain principalement par voie aérienne ou par voie digestive. Même s’il n’est pas toujours aisé de démontrer une relation de cause à effet dans des études observationnelles sujettes à de nombreux facteurs confondants, certains éléments de l’environnement ont clairement été associés à un risque accru de cancers. Cet article décrit les effets de la pollution atmosphérique, de la pollution de l’air intérieur, des pesticides, de certains perturbateurs endocriniens et des rayonnements ionisants. L’identification des facteurs environnementaux cancérigènes permet d’implémenter des stratégies d’éradication et, par là, de prévention efficace.

Concepts d’imagerie médicale dans la mise au point et le suivi des cancers : regard sur l’imagerie oncologique

Cousin F , Valkenborgh C , Hustinx R

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),344-351

Résumé : L’imagerie oncologique, qui est une sous-discipline de l’imagerie médicale, s’intéresse spécifiquement à la mise au point et au suivi des cancers. Elle prend en compte toutes les spécificités de la maladie oncologique, dont les traitements évoluent constamment à l’ère de la médecine de précision. Elle joue un rôle primordial à toutes les étapes du trajet de soin du patient. Elle permet la réalisation de diagnostics fiables et donne des informations sur l’étendue de la maladie au moment du diagnostic, nécessaires à l’établissement d’un plan de traitement. L’imagerie oncologique s’intéresse également au suivi des patients sous traitement, grâce notamment à l’utilisation de score d’évaluation de la réponse thérapeutique. L’imagerie interventionnelle, à travers la réalisation de procédures faiblement invasives, joue un rôle dans l’obtention du diagnostic, dans le traitement de certaines tumeurs ou dans l’amélioration de la qualité de vie du patient. Enfin, de nombreuses perspectives, et notamment l’avènement de l’intelligence artificielle (radiomique), ne vont faire que renforcer le rôle central de l’imagerie oncologique dans les prochaines années.

Dosage au laboratoire de chimie clinique des biomarqueurs circulants oncologiques : limites et perspectives

Sqalli G , Cavalier E , Ladang A

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),352-357

Résumé : Dans la pratique courante, le recours des cliniciens aux biomarqueurs circulants oncologiques est presque indissociable de la prise en charge des patients cancéreux. Cependant, l’interprétation des résultats n’est pas toujours aisée. Elle est, en effet, plus spécifique à la médecine de laboratoire faisant intervenir des notions d’ordres péri-analytiques ainsi que celles de sensibilité et spécificité analytiques. Comme il a été démontré par le passé, le développement de nouvelles techniques d’analyses a permis d’abaisser le seuil de sensibilité analytique, ou encore, l’implémentation de nouveaux biomarqueurs; cette observation se vérifierait encore aujourd’hui. La spectrométrie de masse, le dosage des microARN, ou encore le Single Molecule Array (SiMoA) sont des méthodes d’analyse récentes présentant de très bonnes performances analytiques qui pourraient contribuer à l’amélioration de la prise en charge des patients cancéreux.

Intérêt de l’intelligence artificielle pour le diagnostic anatomo-pathologique des tumeurs

Reginster M , de Froidmont S , Somja J , Delvenne P

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),358-361

Résumé : Le diagnostic anatomo-pathologique des tumeurs repose sur de nombreux éléments en relation principalement avec l’analyse d’images. Actuellement, dans la plupart des laboratoires d’anatomie pathologique, les tissus ou les cellules sont placés sur des lames en verre et directement analysés avec un microscope optique. Grâce aux évolutions technologiques, il est actuellement possible de numériser des lames (pathologie digitale). La digitalisation de lames entières a permis le développement de programmes informatiques d’intelligence artificielle (IA) d’analyse d’images. Appliquée à la pathologie tumorale, cette technologie permet, entre autres, la détection, le diagnostic ou l’évaluation du pronostic de lésions tumorales. Il existe de nombreux défis à l’utilisation de l’IA en anatomie pathologique de routine. Ceux-ci sont essentiellement liés à la quantité de données à analyser pour obtenir des résultats et au développement d’algorithmes fiables. Néanmoins, cette technologie est prometteuse et pourrait devenir une aide précieuse dans le cadre de la médecine de précision où la quantité de données liées à un patient s’accroît sans cesse.

Comment améliorer la radiothérapie ? Évolutions technologiques et radiothérapie de demain

Colin G , Coucke PA

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),362-368

Résumé : La radiothérapie s’est installée au 20ème siècle comme une modalité incontournable dans la lutte contre le cancer. Les avancées technologiques majeures des dernières décennies ont permis une amélioration considérable de la fenêtre thérapeutique. Elles ont également ouvert la voie à la radiothérapie stéréotaxique et à de nouvelles indications. Cet article a pour objectif de permettre aux lecteurs de comprendre la radiothérapie externe en 2021 et d’en appréhender les enjeux de demain. Trois axes d’amélioration de la discipline seront décrits, l’optimisation de la dose thérapeutique prescrite, l’amélioration de la distribution de cette dose et, finalement, la meilleure compréhension de la radiobiologie. Pour chacun de ces axes, des implications actuelles seront données ainsi que celles qui pourraient/ devraient avoir un impact sur la radiothérapie future. La radiothérapie FLASH sera, par exemple, abordée.

Radiomique et automatisation en radiothérapie : un duo gagnant !

Coucke PA

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),369-374

Résumé : L’incidence du cancer augmente chaque année suivant de très près l’augmentation de la moyenne d’âge de la population. La charge de travail ne fait qu’augmenter en oncologie, y compris en radiothérapie. Il devient difficile de recruter certains professionnels dans le secteur (comme par exemple, des physiciens). À ce manque, vient s’ajouter l’afflux massif de données pour chaque patient, provenant d’une multitude de sources possibles et, en particulier, la quantité et la complexité des informations contenues dans les différents examens d’imagerie. L’extraction des données structurelles (anatomie et extension de la maladie) et fonctionnelles (biologie et activité métabolique tumorale au sens large) devient laborieuse. De plus,certains éléments contenus dans l’image numérique ne sont tout simplement plus accessibles à nos capacités de perception visuelle. La pénurie annoncée en professionnels experts ainsi que la complexité grandissante de l’analyse de l’image méritent l’apport de l’intelligence artificielle. Nous allons faire le point de l’impact attendu de la «radiomique» qui permet l’automatisation des processus, en particulier pour la préparation et l’individualisation des traitements en radiothérapie.

La radiothérapie palliative, c’est aussi notre rayon !

Lamande M , Lallemand F , Ben Mustapha S , Coucke PA

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),375-379

Résumé : La radiothérapie, à la fois à visée curative et palliative, est l’un des piliers des traitements oncologiques. Une multitude de symptômes liés au cancer (douleurs, saignements, diverses conséquences liées à une compression exercée par une lésion tumorale…) peuvent être soulagés grâce à une radiothérapie palliative (RTP). Bien souvent, la RTP est proposée lorsque les traitements médicamenteux dits «classiques» ne font plus suffisamment effet ou si le patient ne les tolère plus (antidouleurs, morphine…). La RTP fait partie intégrante des soins oncologiques de support. En effet, le pronostic du patient, ainsi que ses souhaits, sont pris en compte à chacune des étapes qui constituent le trajet de soins, y compris en RTP. Ainsi, chaque traitement est individualisé et bénéficie des meilleures techniques disponibles.

Médecine de précision en oncologie : où en sommes-nous ?

Coucke PA

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),380-386

Résumé : Le concept du traitement «taille unique» est sérieusement remis en question par la progression accélérée des connaissances du rôle prédictif du génome individuel, tant en matière de la réponse tumorale à un traitement, qu’en ce qui concerne l’apparition d’effets secondaires au niveau des tissus sains. Cette réponse au traitement ne dépend pas simplement de l’expression de quelques gènes, ni d’ailleurs du génome individuel entier. Elle est également influencée par une multitude d’autres facteurs, ce qui requiert une approche holistique prenant en compte, par exemple, l’environnement et les facteurs socio-économiques. Il y a indubitablement des problèmes techniques, administratifs, financiers, culturels et éthiques (protection de la vie privée) à surmonter avant que cette médecine de précision ne soit largement disponible en pratique oncologique journalière. Il faut surtout une collaboration allant largement au-delà des frontières géographiques d’un pays, afin d’assurer une manne suffisante et très variable de données, pour éliminer autant que possible les différents biais. Cette approche holistique, tant au niveau sociétal qu’individuel, ouvre la porte à la personnalisation des soins oncologiques dans le domaine curatif, prédictif et préventif.

L’essor des thérapies ciblées en oncologie pédiatrique

Dresse MF , David BA , Demarche M , Florkin B , Forget P , Gatineau S , Longton J , Piette C , Seghaye MC

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),387-391

Résumé : Les cancers pédiatriques sont des pathologies rares. L’amélioration du taux de survie a été obtenue par de nouvelles stratégies de traitement basées sur l’identification de facteurs de risque. Les thérapies ciblées en oncologie pédiatrique, nouvelle arme thérapeutique, sont porteuses d’espoir de guérison, sans séquelles à long terme.

Le PD-L1 : un immunosuppresseur naturel impliqué dans la carcinogenèse Le point de vue du pathologiste

Lacremans P , Detrembleur N , Dome F , Collins P , Delvenne P

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),392-397

Résumé : Le but de cet article est de démontrer le rôle de l’anatomie pathologique dans la détection intra-tumorale du checkpoint immunitaire PD-L1. Ce dernier est l’une des principales cibles de l’immunothérapie à visée oncologique. La liaison du ligand PD-L1 à son récepteur PD-1 permet d’inhiber l’action des lymphocytes T cytotoxiques et, ainsi, de garder sous contrôle les réactions immunitaires. Ce processus peut être détourné par les cellules tumorales pour échapper à l’immunosurveillance. En bloquant le couple PD-L1/PD-1, il est possible de réactiver les lymphocytes T dirigés contre les néo-antigènes tumoraux. Nous nous concentrons, dans cet article, sur le mode de fonctionnement général de PD-L1, sur son implication dans les processus néoplasiques, sur le principe de son blocage thérapeutique, sur les biomarqueurs de l’efficacité du traitement et sur l’utilisation pratique de ces biomarqueurs, particulièrement dans la pratique anatomo-pathologique.

Place de l’immunothérapie dans le traitement des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou

Lecocq M , Poncin A , Sautois B

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),398-402

Résumé : Les recommandations actuelles concernant les traitements systémiques des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou ont été largement modifiées avec l’avènement de l’immunothérapie pour une majorité de ces cancers. En effet, les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire sont maintenant recommandés en situation métastatique ou en cas de récidive locorégionale inaccessible à un traitement local et ce, dès la première ligne pour les tumeurs exprimant le PD-L1. L’immunothérapie est également accessible en deuxième ligne, après échec d’une chimiothérapie par sels de platine, quelle que soit l’expression du PD-L1. Des études cliniques étudiant leur place en situation adjuvante ou concomitante à la radiothérapie sont également en cours. Ces traitements d’immunothérapie ont élargi les possibilités thérapeutiques et amélioré le pronostic des patients présentant un carcinome épidermoïde de la tête et du cou.

Les manifestations indésirables liées à l’immunothérapie

Frères P , Poncin A , Lecocq M

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),403-407

Résumé : L’immunothérapie a révolutionné la prise en charge des cancers ces dernières années et concerne de plus en plus de patients. Les manifestations indésirables de l’immunothérapie sont spécifiques, de type dysimmunitaire, et leur reconnaissance et prise en charge précoces sont primordiales. Dans cet article, nous décrivons les principaux effets secondaires de l’immunothérapie et leurs principes généraux de prise en charge.

Cardio-oncologie, pourquoi est-ce une nouvelle spécialité ?

Moonen M , Nguyen Trung ML , Deneye M , Lancellotti P

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),408-412

Résumé : La cardio-oncologie est une nouvelle spécialité interdisciplinaire apparue au cours des dix dernières années. Avec le développement de thérapies anticancéreuses de plus en plus puissantes qui améliorent la survie au cancer, mais régulièrement au prix d’une toxicité cardiovasculaire, est apparue une demande de services spécialisés en cardio-oncologie. Par ailleurs, les maladies cardiovasculaires sont plus fréquentes et plus graves chez les patients atteints de cancer que dans la population générale. La cardio-oncologie se concentre sur la prévention, la détection, la surveillance et le traitement des maladies cardiovasculaires survenant chez les patients atteints de cancer et, principalement, la prise en charge des effets secondaires de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

Les syndromes neurologiques paranéoplasiques

Lambert N , Lutteri L , Sadzot B , Maquet P , Moonen G

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),413-418

Résumé : Les syndromes neurologiques paranéoplasiques sont des complications neurologiques non métastatiques de cancers systémiques résultant, le plus souvent, d’une réaction immunitaire croisée dirigée contre des antigènes neuronaux membranaires ou intracellulaires. Certains de ces syndromes paranéoplasiques sont classiques comme les ataxies cérébelleuses, les neuronopathies sensitives ou ganglionopathies, l’encéphalite limbique, les encéphalomyélites ou le syndrome de Lambert-Eaton. Devant de tels tableaux cliniques, une étiologie paranéoplasique doit, surtout chez les patients présentant des facteurs de risque, être systématiquement recherchée. Bien que cette règle souffre de nombreuses exceptions, il y a souvent concordance entre un syndrome clinique spécifique, un type d’anticorps et une tumeur associée. Le diagnostic d’un syndrome neurologique paranéoplasique est essentiel puisqu’il révèle souvent le cancer sous-jacent. Le traitement comporte deux axes principaux : celui du cancer responsable et le contrôle de la réponse immunitaire.

Le glioblastome

Martin DH , Bianchi E , Ben Mustapha S , Frères P

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),419-424

Résumé : Le glioblastome est la tumeur cérébrale maligne primitive la plus fréquente. Malgré des traitements combinant la chirurgie d’exérèse, la chimiothérapie et la radiothérapie, la survie globale reste faible avec une incidence élevée de récidive tumorale. Les progrès dans la compréhension de la maladie, et en particulier de la biologie moléculaire et des mécanismes d’action des traitements systémiques et radiothérapeutiques, de même que le développement des techniques chirurgicales guidées par l’image, permettent d’entrevoir un espoir dans le contrôle de cette maladie jusqu’ici incurable.

Néoplasies neuroendocrines : une nouvelle ère a l’apogée de la multidisciplinarité !

Lousberg L , Collignon J , Troisfontaine F , Paulus A , Vaillant F , Jadoul A, Delannoy P , Petignot S , Petrossians P , Rohmer V , Beckers A

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),425-431

Résumé : Les néoplasies neuroendocrines sont définies histologiquement par un phénotype cellulaire neuroendocrine commun. Ces néoplasies sont toujours considérées comme des tumeurs rares, bien que leur incidence soit en constante augmentation. L’hétérogénéité est omniprésente, que ce soit dans la localisation du cancer primitif, la présentation clinique, la classification histologique, le pronostic ainsi que dans les diverses options thérapeutiques, justifiant impérativement une prise en charge pluridisciplinaire spécialisée. Cette hétérogénéité et cette rareté expliquent que les connaissances soient parcellaires. Grâce à une majoration d’incidence, une volonté d’uniformisation de classification ainsi que l’arrivée d’avancées thérapeutiques majeures, telles que la radiothérapie interne vectorisée, l’avenir des néoplasies neuroendocrines semble plus que prometteur et palpitant. En pratique clinique quotidienne au CHU de Liège, nous espérons apporter notre pierre à l’édifice en recensant un maximum de cas dans des bases de données nationales et/ou internationales, en centralisant les discussions thérapeutiques au sein de concertations multidisciplinaires dédiées et en participant à des protocoles d’études cliniques multicentriques.

Prise en charge de la dyspnée en oncologie

Duysinx B , Paulus A , Vaillant F , Duquenne JB , Corhay JL , Louis R , Sibille A

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),432-439

Résumé : La perception d’un effort ventilatoire est fréquente en oncologique en particulier, mais non exclusivement, aux stades avancés de la maladie néoplasique. La dyspnée constitue un symptôme dont l’inconfort et l’angoisse qu’elle génère chez le patient et son entourage nécessitent une prise en charge constante tout au long de la maladie. La première étape est d’identifier et d’optimaliser le traitement des pathologies dyspnéisantes conjointes à la maladie tumorale. Le soulagement de l’oppression respiratoire en tant que symptôme nécessite une approche pluridisciplinaire. Les opiacés et les benzodiazépines sont au premier plan de la prise en charge pharmacologique. La levée d’un obstacle mécanique limitant les débits ventilatoires et/ou l’ampliation thoracique peut justifier des techniques plus invasives, notamment endoscopiques. L’oxygénothérapie sera envisagée au cas par cas. Enfin, la prise en charge globale inclut la revalidation respiratoire, le support psychique et l’amélioration de la qualité de l’environnement.

Les lésions pulmonaires pré-cancéreuses et le dépistage du cancer pulmonaire

Duquenne JB , Paulus A , Sibille A , Corhay JL , Louis R , Duysinx B

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),440-445

Résumé : Le cancer pulmonaire reste le cancer le plus mortel. Il est le résultat d’aberrations génétiques au niveau de cellules des voies respiratoires exposées aux agents carcinogènes, responsables de leur multiplication anarchique. Il est nécessaire d’étudier ces anomalies pour mieux comprendre les stades précoces et les mécanismes d’évolution afin d’établir de nouvelles stratégies de dépistage, de suivi et de traitement. L’étude NELSON confirme qu’un dépistage systématique des cancers pulmonaires de populations cibles permet une diminution de la mortalité liée à cette pathologie. Malgré cela, il n’y a, actuellement, pas de consensus en Belgique entre les experts médicaux et le monde politique pour un dépistage systématique du cancer pulmonaire.

Cancer pulmonaire non à petites cellules chez les patients non fumeurs au CHU de Liège : étude rétrospective entre début 2017 et fin 2018

Debruche M , Mettlen C , Paulus A , Vaillant F , Sibille A , Frères P , Duysinx B , Louis R

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),446-451

Résumé : Le cancer pulmonaire est le troisième cancer le plus fréquent en Belgique en 2017 et reste la première cause de décès par cancer dans le monde. Il ne fait plus aucun doute que la cause principale de cancer du poumon est le tabagisme. Il est toutefois apparu, ces dernières décennies, que le pourcentage de patients non fumeurs augmente parmi les patients présentant un cancer du poumon. Par ailleurs, il est dorénavant reconnu que le cancer pulmonaire du patient non fumeur présente des caractéristiques bien distinctes. Dans ce contexte, nous présentons une étude rétrospective reprenant les caractéristiques cliniques et néoplasiques de l’ensemble des patients ayant présenté un carcinome pulmonaire non à petites cellules dans notre institution sur une période de 2 ans (N = 520). Les cancers non à petites cellules observés chez les nonfumeurs sont plus fréquents chez les sujets jeunes ou très âgés, plus fréquents dans le sexe féminin, en très grande majorité des adénocarcinomes, et souvent associés à des mutations. Nous confirmons ainsi qu’il s’agit d’un cancer aux caractéristiques différentes des cancers pulmonaires des patients fumeurs

Le cancer pulmonaire à petites cellules : mise au point thérapeutique

Paulus A , Lousberg L , Duysinx B , Sibille A , Duquenne JB , JL Corhay , Louis R , Vaillant F

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),452-457

Résumé : Le cancer pulmonaire à petites cellules est une tumeur maligne de mauvais pronostic. Le traitement standard des stades métastatiques était un doublet à base de sels de platine depuis 1980, mais l’ajout de l’immunothérapie a, quand même, permis d’améliorer le pronostic. Pour les stades localement avancés, l’association d’une radiochimiothérapie reste le traitement de choix, sans évidence actuellement de l’intérêt d’une immunothérapie en consolidation, et pour les stades localisés, la chirurgie. Malheureusement, en deuxième ligne, nous n’avons pas d’autre molécule que le topotécan malgré plusieurs études. L’irradiation cérébrale prophylactique reste débattue, même si elle a été validée dans les formes localisées. Enfin, il existe un espoir avec une thérapie ciblée suite à la mise en évidence de sous-types de cancers pulmonaires à petites cellules, mais les études restent difficiles à mener.

Traitements ciblés et cancer bronchique non à petites cellules : le point en 2021

Sibille A , Corhay JL , Vaillant F , Paulus A , Louis R , Duysinx B

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),458-463

Résumé : La majorité des cancers pulmonaires non à petites cellules se présentent à un stade avancé. Une faible proportion des adénocarcinomes et des cancers épidermoïdes des non-fumeurs est porteur d’(une) anomalie(s) génétique (s) et moléculaire(s) dont dépend leur survie. Depuis une quinzaine d’années, les anomalies de l’«Epidermal Growth Factor Receptor» (EGFR), «Anaplastic Lymphoma Kinase» (ALK) et Repressor Of Silencing1 (ROS1) sont connues et ciblées par des inhibiteurs efficaces. De nouvelles générations permettent actuellement d’augmenter leur efficacité thérapeutique pour une toxicité globalement moindre. De nouvelles anomalies («Kirsten Rat Sarcoma», «Rearranged during Transfection», MET, «NeuroTrophic Receptor tyrosine kinase») sont, elles aussi, à présent ciblées de manière efficace. La recherche des anomalies moléculaires dans ces sous-types histologiques est devenue incontournable car elle modifie fondamentalement la prise en charge thérapeutique et le pronostic d’une proportion grandissante de patients.

Allogreffes de cellules souches hématopoïétiques Principes généraux et progrès récents

Narinx J , Servais S , Baron F , Beguin Y , Willems E

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),464-469

Résumé : L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques constitue un traitement potentiellement curatif pour de nombreuses pathologies hématologiques cancéreuses ou non cancéreuses. Une évolution constante dans le choix du donneur, de l’intensité du conditionnement et des stratégies de traitements immunosuppresseurs, permet une réduction de la morbidité et de la mortalité durant et après la greffe. Cet article a pour but de réexpliquer les principes généraux d’une allogreffe et de discuter des nouvelles avancées et adaptations dans la prise en charge globale des patients greffés.

Principes généraux de la prise en charge des leucémies aiguës de l’adulte

De Voeght A , Jaspers A , Beguin Y , Baron F , De Prijck B

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),470-475

Résumé : Les leucémies aiguës sont un ensemble hétérogène d’hémopathies malignes qui se subdivisent, en fonction de l’orientation cytologique de la cellule blastique pathologique, en formes lymphoblastique (LLA) et myéloblastique (LMA). Les récents progrès dans la compréhension biologique et génétique de ces maladies ont permis d’améliorer les traitements. Le traitement spécifique de chimiothérapie ou traitements dits «ciblés», les progrès de la greffe de moelle et de meilleurs soins de support ont permis d’améliorer graduellement le pronostic. Cette revue, centrée sur le patient adulte, a pour objectif de décrire les progrès récents en termes de diagnostic, de marqueurs pronostiques ainsi que thérapeutiques.

Le lymphome diffus à grandes cellules B : nouveau traitement révolutionnaire par des cellules immunitaires génétiquement modifiées appelées «CART cells»

Maquet C , Beguin Y , De Prijck B , Willems E , Servais S , Bonnet C

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),476-481

Résumé : Le lymphome B diffus à grandes cellules (LBDGC) est le type histologique de lymphome non Hodgkinien le plus fréquent. Le traitement de première ligne par immunochimiothérapie ne permet de guérir qu’environ 60 % des patients. Les patients présentant une maladie réfractaire à une première ligne de traitement ou en rechute dans les deux premières années suivant le traitement présentent un mauvais pronostic. Disponible depuis juin 2019, un nouveau traitement de 3ème ligne sous forme d’immunothérapie par CAR T cells (acronyme anglais de «chimeric antigen receptor T cells») semble modifier complètement le pronostic de ces patients, avec l’obtention d’une proportion importante de réponses complètes de longue durée. Les effets indésirables spécifiques liés à ce traitement demandent une prise en charge rapide et spécialisée.

Le myélome multiple : un tour d’horizon des nouveautés dans sa biologie et son traitement

Vrancken L , Lejeune M , Pirotte M , Duray E , Köse M , Beguin Y , Caers J

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),482-487

Résumé : Deuxième pathologie hématologique la plus fréquente, le myélome multiple est une maladie plasmocytaire qui reste actuellement incurable. Pourtant, tous les jours, des progrès sont effectués au niveau de la compréhension de sa physiopathologie et de l’élaboration de stratégies de traitement. Vu son caractère de plus en plus répandu, surtout chez la personne âgée, nous proposons un tour d’horizon de sa physiopathologie, de ses critères diagnostiques et des grandes lignes de sa prise en charge.

Le mélanome : le trajet de soins du patient. Le mélanome : le trajet de soins du patient Du diagnostic au traitement Du diagnostic au traitement

Absil G , Damsin T , Lebas E , Libon F , Somja J , Collins P , Reginster MA , Quatresooz P , Rorive A , Marchal N , Jacquemin D , Bous A , Piret P , Nikkels AF

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),489-495

Résumé : Le traitement du mélanome est un exemple type de collaboration multidisciplinaire, afin de pouvoir garantir au patient une prise en charge rapide dès le moment de la détection de la lésion. Tant au niveau dermatologique, anatomopathologique et oncologique, d’énormes progrès ont eu lieu ces dernières années. Ils permettent un accès au diagnostic de plus en rapide par la télédermoscopie, une précision diagnostique accrue par la dermoscopie, l’ultrason à haute fréquence et la tomographie par cohérence optique, une détermination des facteurs de risque immunohistochimiques et génétiques sur les analyses anatomo-pathologiques ainsi que le recours à des immunothérapies, notamment les anti-PD1, et à des traitements ciblés. Ces nouveaux traitements permettent souvent une plus longue survie du patient, avec un profil de tolérance acceptable en cas de lésions métastatiques. Cet article reprend le trajet de soins du patient, du diagnostic initial et du staging au traitement éventuel avec son suivi.

Prise en charge d’un cancer de la prostate métastatique au diagnostic

Colassin A , Denis C , Hermesse J , Waltregny D , Sautois B

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),496-501

Résumé : En Belgique, le cancer de la prostate se présente sous une forme métastatique d’emblée chez 12 % des patients. Depuis des décennies, le traitement repose sur la castration, chirurgicale ou médicamenteuse. Depuis 2014, plusieurs études randomisées ont démontré le bénéfice de compléter cette castration chez les patients aptes à tolérer les effets secondaires éventuels des traitements complémentaires proposés. La chimiothérapie par docétaxel et les hormonothérapies de nouvelle génération visant l’axe androgènes/récepteurs aux androgènes, telles que l’abiratérone, l’enzalutamide et l’apalutamide, permettent d’augmenter significativement la survie des patients lorsqu’elles sont instaurées dans les 3 mois qui suivent la mise en oeuvre de la castration. De même, l’irradiation de la prostate, lorsque la situation urologique le permet, pourrait augmenter la survie des patients ayant moins de 5 métastases osseuses. Le bénéfice éventuel de combiner ces stratégies reste débattu et en cours d’investigation.

Cancer du sein : évaluation individualisée du risque en vue d’un dépistage sur mesure

Bleret V , Cusumano P , Danthine D , Desreux J , Houet E , Remacle N , Lifrange E

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),502-506

Résumé : Le cancer du sein est la première cause de mortalité par néoplasie chez la femme de par le monde. À l’ère d’une médecine personnalisée, légitimement attendue par nos patientes, l’avenir du dépistage du cancer du sein passera par une évaluation du risque sur base individuelle, permettant d’adapter, au mieux, l’âge de début ainsi que la fréquence et le type des examens utiles pour ce dépistage. Cet article passe en revue les trois grandes catégories de facteurs de plus haut risque disponibles pour établir un score de risque adapté à chaque patiente.

Cancer du col utérin localement avancé : approche multidisciplinaire

Lapaille L , De Cuypere M , Goffin F , Kakkos A , Gonne E , Hermesse J , Lovinfosse P , Delbecque K , Thille A , Kridelka F , Gennigens C

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),507-514

Résumé : Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus fréquent chez la femme et est lié, dans > 95 % des cas, à une infection par le papillomavirus, dont l’incidence a chuté ces dernières années grâce au dépistage et à la vaccination. Près de la moitié de ces cancers sont diagnostiqués à un stade localement avancé avec une survie globale à 5 ans de l’ordre de 65 %. Ces dernières décennies, la stratégie de prise en charge de ces cancers localement avancés a considérablement changé. Elle a permis l’amélioration de la survie, mais surtout du contrôle local, ainsi que la réduction de la toxicité, grâce notamment à l’implémentation de l’imagerie. Le traitement standard consiste en une radiothérapie externe associée à une chimiothérapie concomitante, suivie d’une curiethérapie intra-utérine. La place de la chimiothérapie néo-adjuvante et adjuvante est toujours en cours d’évaluation. De nouvelles approches thérapeutiques (immunothérapie), en complément du traitement standard, sont aussi à l’étude.

Stratégie «Watch and Wait» dans la prise en charge des adénocarcinomes du rectum

Labille V , Louis E , Loly C

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),515-518

Résumé : Actuellement, la prise en charge classique de l’adénocarcinome localement avancé du moyen et du bas rectum consiste d’abord en de la radio-chimiothérapie préopératoire. Ce traitement est ensuite habituellement suivi d’une chirurgie rectale avec exérèse du mésorectum. Le taux de récidive locale est assez bas, toutefois au prix d’une morbidité non négligeable (séquelles fonctionnelles urinaires, anales et sexuelles). Se pose alors la question d’une éventuelle épargne chirurgicale et donc d’une préservation d’organe chez des patients bien sélectionnés en réponse complète après radio-chimiothérapie. Les chercheurs brésiliens font office de pionniers dans le domaine. Déjà en 2004, leurs publications suggéraient que la stratégie de surveillance rapprochée («Watch and Wait») était sûre et efficace chez les patients en réponse clinique complète. D’autres publications ont suivi et tendent à confirmer qu’il n’y a pas de risque oncologique à proposer une surveillance attentive chez ces patients bien sélectionnés, en rémission complète clinique, endoscopique et iconographique sur base de la réalisation d’une imagerie par résonance magnétique (IRM). Dans ces conditions, une stratégie de surveillance attentive permet d’éviter la morbimortalité opératoire sans compromis oncologique. La surveillance est donc multi-modale: clinique et endoscopique, mais également basée sur l’IRM.

Prise en charge multidisciplinaire des tumeurs malignes primitives du foie

Detry O , Troisfontaine F , Meurisse N , Delwaide J , Lamproye A , Warling O (3), Jadoul A (4), Loly C (3), Collignon J (2), pour le Centre Universitaire Liégeois des Tumeurs Hépatiques (CULTHE)

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),519-524

Résumé : En Belgique et dans le monde, l’incidence des tumeurs malignes primitives du foie augmente, tant pour l’hépatocarcinome que le cholangiocarcinome. Leur traitement curatif repose sur une prise en charge multidisciplinaire et spécialisée, dont la chirurgie (incluant la transplantation hépatique) reste la pièce angulaire, souvent associée à d’autres traitements logo-régionaux (radioembolisation, radiofréquence, chimio-embolisation). Pour les cas avancés, le pronostic reste sombre, notamment en raison d’une certaine chimiorésistance de ces tumeurs. Les nouvelles prises en charge incluent des thérapies ciblées (notamment, divers inhibiteurs de tyrosine kinase) et de l’immunothérapie. Une discussion pluridisciplinaire spécialisée est donc nécessaire pour définir la meilleure prise en charge thérapeutique, individualisée pour chaque patient. Dans cet article, les auteurs revoient les données récentes relatives au traitement de l’hépatocarcinome et du cholangiocarcinome.

Cancers et affections pré-malignes du pancréas Approche centralisée et multidisciplinaire au centre de référence de chirurgie complexe du CHU de Liège

Meurisse N , Postal A, Dresse D , Geurde B , Honoré P , De Roover A

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),525-529

Résumé : L’incidence de l’adénocarcinome pancréatique a doublé lors des trois dernières décennies. Il devrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer en 2030. La survie globale est inférieure à 10 %. Il est essentiel d’identifier les patients à risque. La route «Urgences Pancréas» et les réunions hebdomadaires de concertation de chirurgie complexe assurent une prise en charge rapide et coordonnée pour les patients chez qui une lésion pancréatique suspecte est découverte. La chirurgie pancréatique, généralement précédée d’un traitement néoadjuvant, est la seule option à visée curative. Afin de diminuer la morbi-mortalité liée à cette chirurgie complexe, une convention de centralisation a été imposée par l’INAMI. Grâce à une étroite collaboration médico-chirurgicale regroupant le CHR de Liège, le CHR de Huy, le Centre Hospitalier du Bois de l’Abbaye, la Clinique André Renard et l’association intercommunale Vivalia, le centre de référence du CHU de Liège offre des soins chirurgicaux, intensifs, anesthésiologiques, oncologiques, radiothérapeutiques, gastro-entérologiques, radiologiques, infirmiers et paramédicaux de qualité et ce, dans le cadre d’une approche multidisciplinaire caractérisée par une expertise en matière du traitement de l’adénocarcinome du pancréas, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Prise en charge des cancers et affections pré-malignes de l’oesophage Approche centralisée et multidisciplinaire au centre de référence de chirurgie complexe du CHU de Liège

Kohnen L , Honoré P , Kotzampassakis N , Dresse D , Legrand M , Loly JP , De Roover A

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),530-534

Résumé : Le cancer de l’oesophage est le 19ème cancer le plus fréquent dans l’Union Européenne. Son pronostic reste sombre avec un taux de survie à 5 ans estimé entre 15 % et 25 %. La précocité du diagnostic et la qualité du bilan pré-thérapeutique sont essentielles et doivent permettre d’initier un traitement rapide. Le traitement repose sur une prise en charge multidisciplinaire et multimodale dont la chirurgie reste la pierre angulaire. En Belgique, le taux de mortalité à 30 et 90 jours post-opératoires étaient de 4,1 % et 9,5 %, respectivement, pour la période allant de 2008 à 2016. Dans une perspective d’amélioration de cette prise en charge, depuis 2019, la Belgique a concentré la chirurgie de l’oesophage dans 10 centres de référence, incluant le CHU de Liège. Un an après centralisation, notre centre présente un taux de complications sévères selon Clavien-Dindo (IIIb-V) de 20 % et des taux de mortalité à 30 et 90 jours de 0 %. Le bilan d’évaluation initial de chaque patient est discuté en concertation multidisciplinaire. Une prise en charge nutritionnelle est discutée avant l’instauration du traitement. Tous nos patients bénéficient d’une approche systématique totalement mini-invasive ou hybride, participant à l’amélioration des résultats sur la morbidité et la mortalité. Une collaboration croissante avec nos hôpitaux partenaires permet d’harmoniser les mises au point et les plans de traitement oncologiques pour le bénéfice des patients.

Quel suivi après un cancer pédiatrique ? L’expérience de la consultation SALTO

Fohn A , Quenon C , Jacquemin C , David B , Florkin B , Forget P , Gatineau S , Longton J , Sondag C , Malpas C , Dresse MF , Piette C

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),535-540

Résumé : Au cours des cinquante dernières années, la mortalité liée aux cancers pédiatriques a fortement diminué grâce à une amélioration des soins de support et à l’utilisation d’approches multimodales. Dans ce contexte, le devenir à long terme des patients guéris d’un cancer pédiatrique est devenu une des préoccupations majeures pour les oncologues pédiatres. Dans cette optique, la consultation SALTO («Suivi À Long Terme en Oncologie») a été mise en place en 2012 au CHR de la Citadelle pour assurer le suivi multidisciplinaire des adultes ayant été traités dans notre secteur d’hémato-oncologie pédiatrique. L’objectif de cette étude a été de revoir, pour les cancers pédiatriques les plus fréquents, les séquelles et les tumeurs secondaires présentées par les patients suivis en consultation SALTO afin de préciser les modalités du suivi au long cours après cancer pédiatrique. Nos résultats confirment l’importance d’un suivi multidisciplinaire à long terme adapté aux traitements reçus, sur base de recommandations internationales.

Suivi à long terme des patients survivant à un cancer : le rôle et les moyens du médecin généraliste

Duchesnes C , Quenon C , Roblain F , Giet D

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),541-544

Résumé : De plus en plus de patients survivent à un cancer. Le médecin généraliste les revoit à diverses occasions. L’article a pour but d’envisager des pistes pour soutenir le médecin généraliste dans cette fonction de suivi. Deux candidates médecins généralistes ont synthétisé, à partir de revues de la littérature, des informations de suivi de certains cancers (cancer survenu dans l’enfance, cancer du sein, cancer colorectal). Leurs présentations sous une forme concise sont des exemples de documents utiles aux praticiens. Pour assurer la continuité des soins, le médecin généraliste doit disposer d’informations concernant la maladie, le traitement subi et les examens à réaliser pendant le suivi à long terme. Une collaboration des médecins généralistes et spécialistes est suggérée pour assurer les meilleurs soins aux patients, pour partager des informations claires et pertinentes et pour former les futurs médecins généralistes.

Apport de la rééducation dans le suivi d’un cancer

Lambrigts C , Kaux JF , Maquet D

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),545-549

Résumé : Le nombre de personnes atteintes d’un cancer est en augmentation constante. Grâce aux nouvelles techniques de dépistage et protocoles de traitement, le nombre de survivants est, lui aussi, en progression. Cependant, les traitements contre le cancer entraînent certains effets secondaires indésirables qui persistent généralement dans le temps. Le niveau d’activité physique de ces patients a tendance à diminuer dès l’annonce du diagnostic du cancer et n’augmente généralement pas avant la fin des traitements, voire bien au-delà. Pourtant, l’activité physique est bénéfique, non seulement en termes de prévention face à la progression ou à la récidive, mais également pour lutter contre les effets secondaires liés à la maladie et à ses traitements. Il existe diverses recommandations en matière de pratique d’activité physique pour les sujets ayant survécu au cancer qui seront développées dans cet article. Le projet «Sport après cancer. Citoyen sportif, j’agis pour ma santé», développé par le CHU et l’Université de Liège, a pour but de promouvoir l’activité physique adaptée après un cancer, en créant un lien entre la réadaptation ambulatoire en milieu hospitalier et la pratique d’activité physique dans un contexte sportif et associatif.

Rendre le sourire après un cancer oral, c’est possible !

Urrea Juan V , Salhi L , Lamy M

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),550-553

Résumé : Les traitements des cancers de la cavité buccale peuvent gravement altérer la fonction et l’esthétique, et participer, ainsi, à réduire considérablement la qualité de vie des patients. Le rôle des dentistes spécialisés en prothèse dans la prise en charge pluridisciplinaire de ces patients est essentiel, tant en matière de rééducation orale que de planification prothétique et sa réhabilitation ultérieure. Dès lors, ces dentistes devraient être impliqués dans le parcours de soins afin de façonner et d’esquisser la réhabilitation bucco-dentaire en amont de la chirurgie reconstructrice et, in fine, rendre le sourire aux patients.

Prise en charge dentaire des patients irradiés en région cervico-faciale

Piret P , Coucke PA

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),554-558

Résumé : La prise en charge carcinologique des tumeurs cervico-faciales est bien connue et codifiée. La radiothérapie fait partie des outils efficaces proposés. Elle entraîne cependant de profondes modifications tissulaires : dents, gencives, muqueuses, glandes salivaires, os. Certaines, comme la mucite, sont immédiates, et souvent réversibles; d’autres, comme l’hyposialie ou la fibrose, s’installent tardivement et souvent définitivement. Ces remaniements altèrent fortement la santé bucco-dentaire et rendent la prise en charge plus complexe. L’approche dentaire devient ainsi un élément capital du trajet de soins. Elle reste, malheureusement, souvent délaissée par le patient lui-même, mais aussi parfois par le praticien. Cette prise en charge concerne toutes les étapes du parcours : bilan initial, traitement carcinologique en soi et suivi à long terme. Si négligée, la qualité de vie du patient sera affectée et des complications, parfois graves, telle l’ostéoradionécrose, peuvent survenir. Sont évoquées ici des recommandations spécifiques de prise en charge bucco-dentaire dans le décours d’une irradiation portant sur la cavité buccale.

Centre de bien-être au CHU de Liège : intérêt pour les patients oncologiques et leurs proches

Paye A , Faymonville ME , Devos M

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),559-564

Résumé : Bien que la médecine conventionnelle ait réalisé des progrès considérables dans la prise en charge du cancer, cette maladie reste une épreuve difficile pour les patients qui peuvent éprouver un sentiment de perte de contrôle sur leur vie. En réponse à ce besoin d’autonomie vis-à-vis de leurs choix thérapeutiques, certains patients se tournent vers les médecines complémentaires et alternatives . Certains centres de soins oncologiques mettent ainsi à disposition des patients un centre de bien-être où sont proposés différents types d’activités centrées sur le bien-être et le confort de la personne. Afin de rencontrer au mieux les besoins des utilisateurs, une enquête a été réalisée auprès de 82 patients fréquentant l’hôpital de jour oncologique ou le service de radiothérapie. Les résultats nous ont permis d’établir un plan d’action en phase avec les souhaits des patients, dans l’optique de créer un centre de bien-être situé au coeur de l’Institut de Cancérologie Arsène Burny au CHU de Liège et baptisé centre OASIS. Les différentes activités organisées autour d’axes psychocorporel et corporel/psychologique sont présentées dans cet article.

Une bonne gestion de la fin de vie, ou le respect de la qualité de vie…

Serre CH , Brichant G , Devos M , EMSCP , Barthelemy N

Rev Med Liege 2021, 76(5-6),565-468

Résumé : Les progrès scientifiques ont reculé les limites de la médecine. Ceci a conduit à d’importants débats éthiques. En Belgique, le législateur, soucieux du respect des Droits de l’Homme, a tenté de réglementer certaines pratiques. L’essentiel est d’écouter le patient et de respecter ses volontés. Il est capital de définir des objectifs thérapeutiques basés sur les valeurs et les priorités du patient, jusqu’à la fin de sa vie.

Centre hospitalier universitaire de Liège Revue Médicale de Liège depuis 1946
ISSN : 0370-629X et e-ISSN : 2566-1566
Rédacteur en chef : A.Scheen
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Dernière modification : 03-06-2021
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